Catégorie : Programmation

DJ Kris10

Touche-à-tout et toujours en soif de nouveaux projets originaux (avec des groupes de rock ou de musique traditionnelle notamment), DJ Kris10 aime parler de sa passion pour la musique et le DJing. Entre deux dates avec son ami DJ Twelve, il a réussi à trouver quelques minutes pour répondre à nos questions avant sa venue au BarBar Pub le 12 février.

De la musique électronique au reggae, en passant par le métal, tes influences musicales sont très variées ! Était-ce compliqué de définir ton univers artistique lorsqu’on vient de plusieurs milieux différents ?

Dans l’ensemble, les choses se sont faites assez naturellement. Dès mes débuts en tant que DJ, j’ai eu l’habitude de mélanger les styles parce que je faisais des sets assez long, et c’était bien de pouvoir passer du reggae au hip-hop, ou de mettre quelques titres plus électro pour avoir une soirée aux sonorités variées. Puis au début des années 2000, j’ai commencé à faire beaucoup de dates avec un ami DJ (Mcfly, un de plus) ! De son côté, il avait déjà une solide culture en drum & bass, jungle, breakbeat… On faisait des sets à quatre platines, et au commencement, j’essayais juste de scratcher sur sa sélection, mais rapidement je me suis mis à en acheter aussi ! Et le dubstep est arrivé dans la foulée. Ces styles ont souvent des sources d’inspiration assez proches, qui viennent justement du hip hop ou du reggae, de l’amour des grosses basses et des MCs. Alors il y a toujours eu un fil conducteur, un lien qui rendait nos sets cohérents malgré la diversité affichée. Juste par rapport au métal, je n’en inclus pas dans mes sets, mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait pas mal de points communs avec le dubstep, pour le côté heavy, les rythmiques très élaborées et la lenteur.

Donc aujourd’hui, je n’ai jamais senti en soirée que le public avait du mal à me cerner, car les gens qui sont réceptifs au dub peuvent aussi l’être à la drum & bass par exemple. De toute façon, tout est possible, ça dépend de la façon dont tu amènes les choses ! C’est plus vis-à-vis des programmateurs qu’il faut que je sois vigilant, et bien préciser ce que je fais et ce que je ne fais pas. Beaucoup de gens pensent encore que le DJ est une sorte de jukebox qui va avoir toutes les daubes qui sont censées faire danser les gens. Donc j’essaie de bien choisir les lieux où je pose mes platines, sinon je peux parfois vivre de grands moments de solitude !

Revenons à tes premiers projets, Fat System et Jin Sin pour le métal, puis Blast 74 ou Spank Your Brain pour l’électro. Présente-nous un peu tous ces projets, et dis-nous comment ils t’ont aidé à te construire artistiquement.

Dès l’adolescence j’ai joué de la guitare dans un groupe de rock alternatif, et j’ai adoré la scène, le travail du son, mettre en place des morceaux…
Pour Fat System et Jin Sin, c’était mes premières expériences en tant que DJ au sein d’un groupe. Donc très intéressant, bien sûr, car l’approche des scratches était différente, les parties plus réfléchies et écrites que pendant un DJ set, où il y a un côté freestyle plus évident. Avec Blast 74 ou Spank Your Brain, deux duos tournés vers les musiques électroniques, la nouveauté a été de me mettre à la MAO. J’aimais déjà beaucoup le travail du son, j’avais eu une petite expérience en studio où je ne faisais que de la prise de son et du mixage, mais sans avoir jamais touché à un clavier MIDI et un instrument virtuel. Avec Blast 74, on faisait une sorte d’électro un peu trip-hop, parfois dub ou breakbeat. Je m’occupais de la guitare et des scratches, et mon pote Majordav des parties machines, avec un petit synthé, un sampler et une MPC au début, puis avec Ableton Live par la suite. Comme je voulais intervenir sur les arrangements, les sons, il fallait que je me penche sérieusement sur la production numérique, et j’ai donc commencé avec Reason. Un logiciel que je n’ai plus aujourd’hui mais qui reste le premier que j’ai utilisé pour produire de la musique avec un ordinateur. Ce fut un tournant ! Avec Spank Your Brain, j’ai franchi une étape supplémentaire car dans ce duo il y avait un batteur, et moi pour les parties électro et les scratches. Même si le batteur (Manu Lamic) participait aussi à la créations des morceaux, pas seulement au niveau de la batterie, j’ai passé pas mal de temps devant l’ordinateur, à la fois pour créer, mais aussi pour essayer de faire un mixage correct et trouver la meilleure façon de jouer les morceaux en live. Je ne voulais surtout pas faire juste ‘start’ au début et ‘stop’ à la fin du morceau, et j’avais envie que le public puisse comprendre ce que je faisais en live, sur quoi j’intervenais quand je touchais mes contrôleurs MIDI. On jouait du gros son électro rock, parfois drum & dass, un peu dubstep et même techno. C’est le projet qui a synthétisé toutes mes expériences et influences musicales, une sorte de bilan de 20 ans d’évolution. Aujourd’hui, j’ai envie et besoin de produire seul, même si je ne suis pas encore très assidu ! Mais c’est vraiment ce que je souhaite le plus, faire des morceaux pour les jouer en soirée en tant que DJ, et peut-être même un jour faire un live qui illustrerait mon parcours. De toute façon, à un moment, pour qu’un DJ soit un peu identifié, il faut qu’il sorte des titres. Donc j’essaie d’en faire une priorité.

Tu tournes beaucoup en DJ Set, mais tu fais également parti d’un groupe, TRIP, où tu t’occupes des scratches et de la programmation des éléments électro. Quelles est la différence entre les deux formats, en quoi sont-ils complémentaires ?

TRIP, c’est dans la continuité de ce que j’ai pu faire ces dix dernières années, par rapport au fait d’apporter dans un projet les sonorités que j’affectionne dans mes sets. La différence par rapport au travail de DJ, c’est de réussir à faire entrer une partie de mon univers dans un groupe de 7 musiciens ! Et pas n’importe quels musiciens, puisque le principe de TRIP, c’est le mélange entre musiques dites actuelles, et purement traditionnelles. On a donc batterie, basse, vielle à roue, accordéon diatonique, violon et instruments à vents (cornemuse, hautbois, flûtes…) C’est un super challenge, et à la fois, les musiciens trad modernisent aussi leurs instruments avec des pédales d’effets. Résultat plus que probant ! On a un set qui tient bien la route, mais c’est un peu dur de se voir régulièrement car nous sommes répartis entre l’Ardèche, les Hautes-Alpes, et le nord de l’Italie (Suze, Turin et Aoste). Et faire tourner un groupe de sept musiciens plus un ingénieur du son, c’est pas évident non plus financièrement, bien sûr !

Tu as aussi une émission de radio mensuelle sur la R.A.M. Radio Libre, intitulée « L’Heure des Graves ». Comment se passe ton show ? Quelles est l’ambiance au sein de la radio et avec les artistes que tu invites ?

La R.A.M. (anciennement Radio Alpine Meilleure), c’est l’une des plus ancienne radios libres de France sur la bande FM, qui a vu le jour au début des années 80. Elle a su résister en restant une radio associative, quand énormément d’autres stations ont disparu, et est bien implantée dans les Hautes-Alpes. La radio a même réussi à augmenter sa zone de couverture ces dernières années, ce qui n’est pas évident en zone montagneuse. Mais évidemment tout le monde peut y avoir accès par internet.
Ce que j’apprécie particulièrement par rapport à mon émission, c’est la liberté artistique totale, la possibilité de proposer des sélections sous différents formats. Parfois je propose des sets d’une heure consacrés à un seul genre musical, ou plusieurs mini sets de différents styles. Et parfois j’ai des invités qui me racontent leur parcours, qui mixent ou proposent une sélection… J’ai lancé L’Heure Des Graves en septembre 2018, c’est une mensuelle d’une heure, mais je reprends l’esprit de Volumes!, une émission que j’animais déjà sur la R.A.M. il y a quatre ou cinq ans. Je dois avouer qu’il y a un côté très pratique avec L’Heure Des Graves, car je peux la préparer et l’enregistrer chez moi. Pour des raisons de transport de platines, de soirées éventuelles, de vie de famille, c’est bien que je puisse être autonome à la maison. Même si du coup ce n’est pas du direct, et que je ne croise pas souvent l’équipe qui fait vivre la radio.

Pour les invités, ce n’est pas systématique et pour l’instant, je n’ai fait que six émissions depuis septembre. Mais le premier à avoir participé, c’est DJ Twelve. Il jouait avec Led Piperz dans un bar d’Embrun, pas loin de chez moi. Comme le travail de Twelve au sein d’High Tone a eu une grosse influence dans ma vie de musicien, je l’ai contacté pour savoir si on pouvait faire une petite interview, et s’il avait un mix à me proposer. On a donc fait la rencontre en terrasse, à la cool, et il m’a donné un mix de 45 minutes. Dans la foulée, il a accepté de faire quelques dates avec moi dans les Hautes-Alpes, à quatre platines, en back2back de trois ou quatre heures par set. On a donc pu prolonger cette rencontre derrière les platines, et à la maison avec ma petite famille, c’était parfait à la fois musicalement et humainement !

En janvier, j’ai invité Kara’Basse Sound System, car ce sont des activistes locaux dans le reggae et le dub, et j’ai envie de mettre en avant les artistes du coin qui sont proches des cultures que j’affectionne. Je suis allé chez eux, à Briançon, pour enregistrer l’émission. On a alterné discussion et sélection. On se connaissait avant, j’avais déjà joué sur leur sound system, et je souhaitais cette ambiance « discussion autour d’une bière ». Tout en faisant un peu de pédagogie, car il faut garder à l’esprit que la majorité des auditeurs de la R.A.M. sont novices en culture sound system. C’est une radio associative et multiculturelle, au sens large !

Tu joues aux côtés de LeChat le 12 février au BarBar Pub. Quel lien avez- vous tous les deux ?

On s’est rencontré sur un projet qu’il avait monté en 2015 je crois. Il avait proposé à des producteurs du nord des Hautes-Alpes de faire chacun une prod dans son style propre, et lui devait poser sa voix dessus, que ce soit hip-hop ou pas. Et l’année suivante, il a remis ça avec Ménage À Trois, à peu près le même concept mais en invitant en plus un MC différent sur chaque titre, d’où le ménage à trois, 2 MCs et un producteur. C’était bien sympa de bosser ensemble, mais comme LeChat a plusieurs vies, on s’est aussi croisé plein de fois avec son groupe de rap Jetset Fucker, pour qui j’ai déjà ouvert et clôturé des soirées. Je leur ai aussi fait le son sur un ou deux concerts. Et LeChat nous avait programmé avec Spank Your Brain aux Artgricoles, un petit festival dont il s’occupe. Bref, on se voit souvent, il sait ce que je fais en tant que DJ, et comme il cherchait quelqu’un pour l’accompagner au BarBar afin d’ouvrir et terminer la soirée, me voilà !

Le mois de janvier a été particulièrement prolifique, en jouant avec DJ Twelve (High Tone) dans les Hautes-Alpes à Serre Chevalier, aux Orres ou encore à l’affiche de l’Outdoormix Festival Winter à Vars. Travailler avec des artistes de tous horizons est indispensable, pour toi ?

Par rapport au côté rural de l’endroit où je vie, et du fait que je ne m’exporte pas beaucoup, c’est super important pour moi d’échanger avec d’autres artistes, le plus possible. Il me semble que c’est indispensable pour avancer, progresser. Je regrette de ne pas être plus souvent dans une émulation positive au quotidien, à côtoyer régulièrement des musiciens qui te tirent vers le haut, qui cassent tes certitudes, qui peuvent faire évoluer tes méthodes de travail pour te permettre de gagner du temps par la suite, par exemple dans le cadre de la production. Je sais aussi que c’est à moi de m’organiser pour créer ces rencontres, ce que j’ai fait avec Twelve justement. Mais il est venu jouer à 20 minutes de chez moi, ça aide ! Et dans ce registre de l’échange, j’aime aussi apporter mon expérience à des gens qui découvrent la MAO ou le deejaying. J’ai déjà participé à des colonies de vacances à thème, avec des ados, où pendant une semaine on faisait cinq heures de musique par jour. Super expérience…

Les artistes émergents ont souvent du mal à sortir la tête de l’eau dans une industrie musicale qui glorifie toujours plus le star system. Quels conseils donnerais-tu à un.e artiste qui débuterait ?

Déjà, il faut bien faire la différence entre réussir à vivre de sa musique et être une star. C’est pas le même état d’esprit à la base ! On peut vivre de sa passion sans pour autant avoir des millions d’écoutes ou de vues sur YouTube, même si ça peut aider bien sûr ! Pour des artistes vraiment débutants, j’aurais envie de dire qu’il faut bien peaufiner son projet avant de démarcher. Écouter les critiques et s’en servir pour améliorer la qualité des compos, ne pas s’arrêter aux encouragements de quelques proches qui vont te dire que ce que tu fais ça déchire, mais toujours essayer d’améliorer ce qui peut l’être en veillant à garder en tête où l’on veut aller. S’éloigner de ce qu’on aime vraiment faire, ça mettrait sa passion au niveau d’un taf ordinaire, qu’on fait parce qu’il faut bien gagner sa vie. Dans ce cas, autant faire quelque chose de plus simple et moins prenant. Car c’est quand même du travail, des doutes, des hauts et des bas, c’est chronophage, mais ça en vaut la peine.

Par rapport à l’industrie musicale, il y a aujourd’hui tellement de possibilités pour distribuer sa musique, en passant par des circuits plus indépendants que des majors, ça a changé la donne pour se faire entendre. Mais évidemment, le nombre d’artistes qui poste du son sur internet a explosé. Alors pour sortir du lot, le plus important à mon avis, c’est de faire beaucoup de dates. Dans l’idéal, un artiste qui propose quelque chose de qualité et qui a un bon tourneur a déjà bien avancé dans sa vie de musicien !

Ton dernier coup de cœur artistique ?

Mon coup de cœur n’est pas représentatif de ce que je fais en soirée, mais musicalement je trouve ça excellent, à écouter en toute circonstance. Il s’agit d’Astronaut Alchemists, de Youth & Gaudi, album paru en novembre dernier sur le label Liquid Sound Design. Ambiance chill, dub, une espèce de mélange qui m’a accroché dès la première écoute et je ne m’en lasse pas. C’est très riche, très travaillé, le fruit de beaucoup de sessions de studio entre deux producteurs qui ont de solides parcours individuels, le tout étalé sur 2 ans. Une grande réussite à découvrir absolument.

Donne-nous une bonne raison de venir te voir au BarBar Pub le 12/02.

Je pense que la soirée va être variée, et comme je vais jouer avant et après le set de LeChat, je vais certainement proposer deux facettes très différentes. Le truc que j’aime, c’est faire bouger les gens avec du gros son, que le public soit pointu ou pas dans les registres que je propose. J’ai parfois l’impression de démocratiser la drum & bass ou le dubstep, quand en fin de soirée on me dit : « D’habitude je n’écoute pas ces styles, et pourtant ce soir je me suis régalé ! » Alors venez et vous me direz…

Quels sont tes futurs projets ?

Il faut que je fasse le nécessaire pour aller jouer un peu plus loin que dans mon périmètre habituel, et que je finisse deux ou trois morceaux histoire d’avoir un peu plus de matière à faire écouter. J’ai pas mal bossé sur différents projets collectifs, mais c’est vraiment le moment de faire des trucs plus personnels, sinon je vais m’enterrer !

Le mot de la fin ?

Qui veut être mon tourneur ?! (rires)

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LeChat

Originaire des Hautes-Alpes, LeChat sort ses griffes pour High Potential et nous dévoile son univers, entre électro lyrique et rap mélancolique, qui se dit « auteur-compositeur » avant tout. Rencontre féline avec Yoann, un artiste qui n’a pas la langue (de chat) dans sa poche.

Quand on évoque le nom « LeChat », on pense tout de suite à quelque chose de mignon et sirupeux. Pourtant, tes textes sont loin de l’être ! Pourquoi cette dualité entre ton nom et l’univers que tu proposes ?

Ce blaze m’évoque plus le comportement de l’animal, qui est proche du mien. Le chat est indépendant, un peu solitaire, mais en même temps domestique. Il a gardé un côté sauvage, mais aussi un contact avec les humains, j’aime bien ce côté entre-deux, les paradoxes et les contradictions sont une bonne définition de l’être humain je trouve.
Le caractère à la fois affectueux et je-m’en-foutiste du chat est classe aussi. Pour ce qui est de mon univers, c’est vrai que j’ai plutôt tendance à écrire des textes assez graves au sens où ça sent souvent le spleen, la mélancolie où ma vision du monde n’est pas très optimiste. Bon, pas que, parce que j’ai des lyrics plus légers aussi, mais les thèmes qui me donnent envie de prendre la plume ne sont pas forcément drôle : le temps qui passe, la façon dont on gère notre environnement, la mort inéluctable et essentielle pour se sentir vivant, le système dans lequel on vit… Très peu de choses très personnelles, je veux dire peu d’éléments autobiographiques, mais une façon d’écrire qui m’est propre avec le but de parler au plus grand nombre. Et il y a des chansons plus « fraîches », voire humoristiques, dans lesquelles je mets en scène un personnage ou un univers, une thématique, une situation.

En t’écoutant, je pense aux bordelais d’Odezenne, avec des productions très orientés vers l’électro, et un timbre de voix presque similaire. Ils étaient l’une des tes influences ? Quelles sont-elles, justement ?

Ouais,  c’est sûr qu’il y a un cousinage artistique ! C’est un projet que j’écoute encore, comme d’autres bien différents. Niveau influences, elles sont vraiment très larges, tant dans les styles que les pratiques. En musique, si c’est en français, j’attache beaucoup d’importance au texte, pour moi c’est le cœur de la chanson. Au-delà du texte, n’importe quel style peut me faire vibrer suivant l’humeur, je suis une vraie éponge à ce niveau. Je peux passer du gros stoner rock à du classique, et puis me dire que finalement j’ai envie d’écouter du fado… Je suis sur d’autre projets musicaux, dont un rock où je fais guitare et chant, là c’est plus l’énergie sauvage de la disto qui me prend.
Si je dois lister quelques influences en vrac : Noir Désir, Stromae, Die Antwoord, Lomepal, Nekfeu, Hippocampe Fou, Svinkels, ou encore Brel feraient un beau panier garni.
J’aime aussi l’univers du graphisme que je pratique avec les esthétiques du street art, du tatouage, de la BD et de l’affiche.

J’ai cru comprendre que tu travaillais dans le milieu du théâtre également. Être entouré de comédiens, cela t’inspire pour tes textes ?

Ouais, ça c’est nouveau. Je travaille avec Nicolas Bonato sur le spectacle Garouflo (un spectacle conté pour le jeune public). J’ai réalisé l’habillage sonore du spectacle et je fais la régie son et lumière lors des représentations. C’est encore frais, je n’ai pas analysé le truc, mais ce qui est sûr, c’est que plus tu es entouré d’artistes, plus ta créativité bouillonne. Si ça ne m’inspire pas directement sur des textes pour le projet LeChat, ça me donne carrément des envies d’écrire pour du conte, peut-être du théâtre, à voir… Mais ça cogite !

Tu te définis comme « auteur-compositeur-interprète » (ACI), et non comme « rappeur ». Quelle est la différence entre les deux pour toi ?

Je suis ACI parce que je fais moi-même la production musicale, j’écris mes textes et les interprète. Le rappeur par définition rappe, et donc écrit ses textes et les interprète, pas plus. Et puis dire ACI sans forcément préciser tout de suite « je fais du rap », ça fait sortir le projet quand j’en parle dans le simple cadre du rap français, qui regroupe beaucoup de styles différents, sur le fond comme sur la forme et qui véhicule aussi des préjugés et des clichés.

Tu vas jouer avec DJ Kris10 le 12 février au BarBar Pub, ainsi que Crashpad, qui est ton DJ de scène. Comment travaillez-vous ensemble ?

Crashpad est mon DJ sur les lives, mais son engagement sur le projet va un peu au-delà. Il fait un travail sur chaque prod pour équilibrer un peu mes mix, on voit ensemble comment homogénéiser le son du set au complet, que ce soit cohérent sur tout un concert. Ensuite, on répète ensemble, et Crashpad assure là aussi d’autres tâches. Il sait scratcher, donc je laisse des parties scratchs sur les instrus dans ma façon de composer les morceaux. Pour l’interprétation, Crashpad est également backer, et je lui laisse des phrases à dire seul, ou avec moi, ou des backs pour appuyer le lead.
Dj Kris10 qui nous accompagne proposera un DJ set au BarBar Pub, en plus de nous. Très actif en PACA, il est également producteur et nous avons collaboré sur des projets ensemble. DJ Kris10, ce qu’il aime, c’est la bonne grosse bass music, don ça va guincher sévère, je pense !

Des projets d’albums en perspective ?

J’ai commencé le studio en 2018 pour un projet. Je ne sais pas encore si ce sera un album, un EP… Bon, ce sera un disque, quoi ! Il présentera justement des chansons assez sombres et électro ou downtempo. Il porte déjà un nom, Des couloirs encombrés, et je suis heureux d’avoir pu utiliser une photo d’un artiste que j’aime beaucoup : Gabriel Saule (Mute Wittness pour les photos et Abraxxxas pour le son). J’espère pouvoir sortir le bazar en 2019 par le biais d’un financement participatif. Avec mon autre groupe électro- hip-hop JETSET FUCKER, on va également sortir un mini projet en free download sur internet : 3 tracks, un visuel, une sorte de single numérique, courant février.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Mon appartement vide et l’hélicoptère dehors. J’ai même éteint France Inter !

Comment trouves-tu la scène hip-hop actuelle ? Tu te retrouves là-dedans ?

Moi, dès que ça parle de faire du pognon, dès qu’on s’imagine être un autre en passant pour un gangsta, que c’est trop cliché, ça dégage. Quand il y a de l’autotune et/ou du vocoder, ça dégage. La trap, je m’y suis mis un peu récemment. Mais comme dans tous les styles, il y a beaucoup de trucs nazes, donc faut chercher pour trouver, vu l’offre qu’il y a. Je vis un peu éloigné de toute cette scène hip-hop, justement. Je suis à la campagne, j’ai pas du tout un mode de vie citadin, donc c’est vrai que je ne me retrouve pas forcément dans ce qui se passe actuellement. La street, moi je la connais pas, c’est pas mon aire de jeu. Par contre, j’ai des choses à dire et je pense pas avoir un projet qui s’adresse réellement aux aficionados purs du hip-hop. Je considère LeChat comme un projet rap qui peut parler à des gens qui n’écoutent pas de rap.

Donne-nous une bonne raison de venir te voir au BarBar Pub le 12 février.

Venez, j’aimerais savoir si les savoyards sont aussi chauds que les hauts-alpins, on comparera nos génépis !

Quels sont tes futurs projets ?

Un duo de reprises guitare, piano et voix, vivre de la scène, et écrire, écrire, écrire…

Le mot de la fin ?

Bon appétit ?

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Brutal Oppozitz

Pour le moment, vous n’avez sûrement pas entendu parler de ce duo lyonnais composé de Maxime et Thibault, mais ça ne va pas durer ! Rencontre avec Brutal Oppozitz qui crée une musique hybride entre dubstep, trance et métal. Un univers couillu, bien testostéroné, et qui met le feu dès la première écoute !

Bonjour à tous les 2 et merci d’avoir accepté cette interview ! Pour commencer, quel est votre héritage musicale, et comment êtes-vous venus à la musique électronique ?

Thibault : Pour ma part, même si j’avais des cassettes audio et des CD de dance et de goa quand j’étais petit, je me suis vraiment intéressé à la musique à l’âge de 12 ans, notamment sous l’influence de mon grand frère pianiste. Je me suis donc d’abord intéressé aux univers du rock et du métal (Iron Maiden reste aujourd’hui probablement mon groupe préféré). Puis quand j’ai eu 17-18 ans j’ai découvert le trip hop avec Clean Living de RJD2. C’est à partir de là que j’ai commencé à découvrir petit à petit le monde de la musique électronique, mais aussi à celui du jazz et de la funk, le trip hop étant un genre assez vague et hybride. En parallèle de mon amour grandissant pour le jazz fusion, j’ai également développé une passion pour l’exploration des divers genres de musique électroniques, ces derniers étant très nombreux. C’est ainsi que j’ai d’abord découvert ou redécouvert la drum n’ bass, la trance ou encore le glitch hop. Aujourd’hui encore, je suis toujours à la recherche de nouveaux styles ou plutôt de sous genres de musique électronique à la fois riches et originaux.

Maxime : De mon côté, depuis petit, j’ai toujours été absorbé par la musique, elle me procurait une sensation qui aujourd’hui m’étonne encore. J’ai suivi les goûts de mes parents jusqu’à mes 9 ans environs, allant de la chanson française et de la disco-pop au rock. J’écoutais aussi bien Francis Cabrel que les Pink Floyd ! Mon père a toujours été très calé en informatique, j’ai donc rapidement eu accès à un ordinateur et internet, de là j’ai pu explorer le monde du métal, du rock et du rap français. Vers l’âge de 14 ans j’ai commencé à écouter beaucoup de dubstep et d’électro assez trash jusqu’à mes années lycées, où je suis passé par le hardcore hollandais pendant une longue période jusqu’à découvrir l’univers musicale de la trance par hasard au 1001 Bass Festival il y a 6 ans. Suite à ça, j’ai commencé à aller en free party, j’ai vaguement découvert l’acidcore, la hardtek et la tribe, sans bien comprendre ce que c’était. Tout s’est joué quand j’ai fait la connaissance de quelqu’un de passionné, qui m’a mis un casque sur les oreilles et m’a dit « ça Max, c’est du hardfloor, ça, du frenchcore, ça de la tribecore/hardtek… » Ce mélange de dancefloor et de violence, penchant parfois vers le malsain, parfois vers un côté plus « l’happy », ces manières de rattaquer chaque boucle avec des variantes dynamiques qui donnait le groove de ce style, bercé par les galettes de Billx, Strez, ou Ktodik, était le cocktail parfait dont je ne peux plus me passer !

Comment avez-vous appris à composer, sur quels styles de musique électronique  vous avez fait vos premières dents ?

Thibault : Personnellement, j’ai appris à « composer » sur Guitar pro 5 et à l’aide d’un synthé Rroland que mon frère m’avait donné. A l’époque je composais du métal pour un ami guitariste. Puis quand j’ai découvert le trip hop, j’ai voulu composer autre chose. J’ai donc fais pas mal de morceaux trip-hop un peu à l’ancienne, presque du hip-hop instrumental, puis en parallèle je faisais de la musique proche de la musique de film, principalement à base de loops (boucles, ndr). Mais ce n’est vraiment qu’en septembre 2014, après avoir redécouvert la trance, que je me suis réellement mis à composer sérieusement. C’est à partir de là que j’ai vraiment commencé une phase d’apprentissage, là ou avant je me contentais de faire des choses peu complexes au feeling. J’ai donc commencé à apprendre l’harmonie, les modes, les gammes, les degrés, les accords, je me suis aussi mis à analyser beaucoup plus ce que j’écoutais, j’ai appris des techniques de mixage et de synthèse sonore. D’ailleurs je continue toujours d’apprendre, chaque nouveau morceau me permet de toujours progresser en terme de composition.

Max : Pour ma part, j’ai acheté un sampler Korg Electribe à 19 ans car j’avais vu un ami qui en avait un aussi, j’ai sûrement dû trouver ça cool de pouvoir faire de la musique avec un support accessible.
J’ai d’abord commencé par faire une sorte de style hybride entre la hardtek et la tribe, avec comme seul base harmonique la centaine de milliers d’heures à écouter chaque passage qui me plaisait dans toutes les musiques que j’écoutais et à analyser comment elles étaient construites ! Comme tout le monde, j’ai essuyé les échecs, les frustrations, j’ai fait des pauses, j’ai repris, jusqu’à ce qu’on me fasse remarquer que mon travail pouvait peut-être plaire. Je me suis donc remonté les manches, j’ai acheté un autre sampler, composé sans relâche, afin d’assimiler les mathématiques musicales et me forger un bagage technique plus important. Ce n’est qu’au début de cette année que nous nous sommes lancé le défi de ce projet hybride avec Thibault, à côté de nos projets personnels.

Comment vous êtes-vous rencontrés, quel est le point de départ de ce projet ?

Thibault : Nous nous sommes rencontré en BTS Technicien Réseaux en 2012 au CIEFA de Lyon et malgré des parcours assez différents, nous nous sentions déjà assez à part dans notre classe, on ne se sentait pas très concerné par les enjeux de la formation, elle nous paraissait assez superficiel. A midi, on avait pour habitude de manger ensemble et de se faire écouter différents artistes de musique électronique, on découvrait tous les deux le monde des free parties et des festivals, donc on échangeait pas mal à ce sujet. Même si Max n’a pas tenu jusqu’à la fin de la formation, nous sommes resté en contact. Ce n’est que bien des années plus tard, après avoir monté nos projets musicaux en solo et s’être régulièrement retrouvés à jouer ensemble sur des évènements que l’idée a commencé à faire son chemin. A vrai dire, c’est Maxime qui à petit à petit insinuer l’idée de créer quelque chose de diffèrent avec quelqu’un n’ayant pas les mêmes références musicales, mais avec la même envie de produire quelque chose de nouveau, riche et complexe. Et c’est finalement quand Maxime a commencé à utiliser des machines numériques que nous avons démarré le projet.

Comment se passe votre collaboration, vous travaillez ensemble ou vous faites chacun de votre côté et vous vous réunissez après ?

Max : Les premières tracks, nous avons bossé ensemble. Je pouvais profiter du savoir de Thibault sur Ableton pour avancer plus vite dans ma compréhension de l’interface et ainsi retrouver plus rapidement mon aise dans la composition, c’était très efficace et épanouissant. Nous n’étions pas pressés par le temps, donc en général, on essayait de se faire une session toutes les semaines. C’est fou le temps que ça prend d’essayer de produire une musique riche, en quelques mois nous avons dû produire 4 tracks !
Puis au courant du mois de mai, il me semble, le collectif Rave Conscient dont je fais parti, avait pour idée de réaliser une grosse soirée pour la fête de la musique. Nous avons jugé que c’était l’occasion idéal pour tester nos réglages, du coup, nous avons dû accroitre notre rythme de composition en travaillant chacun de notre côté. Le principe était généralement le même, l’un produisait entre 2 et 4 minutes de tracks, l’autre finissait, renvoyait pour confirmation et ensuite Thibault masterisait tout ça. Maintenant, nous ne fonctionnons quasiment que comme ça, nous nous retrouvons pour les derniers détails, pour l’assemblage et la répétition du live.

 

Sur quels logiciels vous travaillez et comment vous positionnez-vous sur le débat entre numérique et analogique ?

Max : Nous travaillons tout les deux sur le logiciel Ableton. Thib depuis 4 ans et moi depuis une dizaine de mois. Mon choix de passer sur du numérique était inévitable pour ma part. Les styles de musiques que je compose (frenchcore & dirty électro) demandaient beaucoup trop de pistes afin d’apporter quelque chose d’explosif, de différent et de surprenant et nécessite un traitement audio important difficilement faisable sur analogique. De plus, il fallait que je trouve des combines sans arrêt pour jongler entre les sauvegardes de mes anciennes machines car je remplissais 900 patterns* pour un live (la moyenne que j’ai constaté avec le même set-up que moi est de 10 a 50 patterns pour un live.) De plus, étant passionné de guitare électrique, de batterie, de chant « épique » comme ERA, le logiciel et ses VST* plus réalistes que jamais, était la solution parfaite pour donner à ma musique électronique un côté plus réaliste. Je pouvais écrire mes partitions en paramétrant même la force de frappe sur les cordes ou sur les caisses claire, varier les grattements de cordes, tout en faisant des accords à l’infini, c’était innovant pour moi. Quand je suis passé entièrement au numérique, j’ai eu l’impression de redécouvrir la musique dans sa globalité, et je recommande à toutes les personnes produisant des styles basées sur les relances de travailler sur un logiciel de composition. Je pense que d’autres styles comme les styles plus « bouclées » (acidtekno, acidcore, tribe, techno,etc…) peuvent eux y trouver un intérêt plus important grâce au grain des set-ups analogique en revanche. Il est évidemment possible de combiner les deux, pour obtenir à la fois le grain de l’analogique et la précision du numérique, mais chaque chose en son temps…

*VST : Plug-in, instruments ou effets virtuels par exemple.
*Pattern : Dans le cas présent, boucle de 8 mesures.

Pour vous, comment est-ce que vous savez que vous avez fait un bon track, à quel moment vous vous dites « celle-là je peux la jouer » ?
Max
: C’est avant tout une question de feeling, on fait confiance à notre oreille et à nos goûts personnels. Thib travaille beaucoup les harmonies pour faire en sorte que tout soit « juste » en sortie. Généralement, au moment même de la composition, nous ne laissons rien au hasard, et nous n’avançons pas tant que ce n’est pas qualifiable de « propre ».

Je crois que vous êtes en pleine recherche de label, comment est-ce que ça se passe ? Quels est votre stratégie pour les démarcher ?

Pour l’instant, nous nous sommes juste renseignés sur des labels susceptibles d’accueillir ce projet. Étant donné que nous sommes très hybride, et que les labels sont souvent très orientés, ceci rend les choses plus compliqués. Nous attendons d’abord d’avoir des EPs terminés et masterisés avant de les proposer à qui que ce soit.

Vous venez jouer cette saison au Barbar Pub (Les Saisies) le 31 janvier , pourquoi ne doit-on surtout pas vous rater ?

On ne sait pas si vous DEVEZ nous voir, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que si vous aimez l’électro d’une manière générale, je pense que vous passerez un bon moment en notre compagnie. Il y en aura pour tous les goûts, notre style est suffisamment large et englobe tellement d’influences que tout le monde y trouvera son compte, tout en récoltant au passage une bonne dose d’originalité et de surprise. Donc si vous êtes en quête d’un peu de fraicheur dans le monde de l’électro, venez nous voir, on pense que vous ne serez pas déçus.

Les projets à venir ?

Max : Plusieurs EPs, peut-être répartis par les influences qui composent les tracks et trouver encore de nouvelles manières de jouer nos prestations. Des collabs à venir très bientôt ou déjà faites comme avec Tricksterland / Loki Lonestar, ainsi qu’une track avec le duo Ness / Tekbu, mais également avec d’autres artistes talentueux. Nos projets solos nous prennent également beaucoup de temps et de nouveaux EPs, pour Thib ainsi que mon 1er bientôt sous mon nouveau nom, sont à prévoir.

Merci pour toutes ces réponses et comme le veut la coutume chez High Potential, on vous laisse le mot de la fin :

A tous ceux qui ont pour première passion la musique, respectez-la.
Essayez de nouvelles choses, repoussez vos limites, ne soyez jamais totalement satisfait de ce que vous faites, cherchez à faire mieux, ne soyez jamais là où l’on vous attend et n’oubliez pas que seul votre travail influe sur le résultat.

Travailler dur et restez vous-même, tout se passera bien.

Ne rien rater de Brutal Oppositz :

Absyketix

Absyketix se définit lui-même comme quelqu’un de « réservé ». Ce n’est pourtant pas ce que l’on remarque lorsque nous l’interrogeons sur son activité, lui qui reste plutôt humble et lucide, et qui ne se pense pas « artiste ». Pourtant, c’est bien pour son talent que High Potential l’a invité à jouer lors de son Open Mix le 21 février prochain. Portrait tout en finesse d’un passionné de trance et de deep techno.

Comment as-tu débuté le DJing ?

Depuis la fin du collège, je me suis tourné vers la musique électronique, en commençant par écouter Max de Fun Radio, qui nous balançait de la trance le vendredi soir après 22h. Dans la foulée, au lycée, quelques années après, j’ai rencontré un gars qui mixait en rave party. Le fait de voir ça sous mes yeux m’a de suite attiré, et j’ai tout de suite compris qu’un jour je voulais moi aussi faire plaisir aux gens par le biais de la musique (et me faire plaisir par la même occasion).
Chez un copain qui avait des platines, j’ai appris en autodidacte, après avoir passé des heures en teuf à observer les moindres mouvements des DJ que je voyais, et c’est très vite devenu quelque chose qui était à ma portée. En revanche, je n’avais aucune attirance pour le vinyle, et je n’avais pas envie de me munir de tout le matériel encombrant que sont les disques et les platines.
Lorsque quelques années plus tard, les contrôleurs USB sont apparus, j’ai de suite investi et c’est parti comme ça…
J’ai aussi essayé le live en achetant une Yamaha RM1X et en bidouillant sur Ableton Live, mais je n’ai pas vraiment de talent pour la création, donc j’ai vite laissé ça à ceux qui savent faire !

Comment définirais-tu ton son ?

C’est une question à laquelle j’aurais bien du mal à répondre, étant donné que je n’ai absolument aucune confiance en moi, et que je ne sais pas bien évaluer ce que je fais. La preuve en est, c’est que je ne suis jamais content de mes prestations, alors que le public est pourtant réceptif, et que nombre de gens m’ont poussé à me lancer devant ce même public, justement…
Je ne suis pas quelqu’un d’avant-gardiste, comme peuvent l’être des amis à moi dans ce domaine, constamment à la recherche de nouveautés et d’innovation. Je suis plutôt du genre à vouloir reproduire les choses qui flattent mon oreille, et à travailler la cohérence et les enchainements fluides. Je mixe donc de la minimal et de la techno, mais sans passer beaucoup de temps dans la recherche de nouvelles tracks et de nouveaux artistes. Ce qui me pousse d’ailleurs à ne pas me considérer comme un « véritable DJ », mais plutôt comme quelqu’un qui aime profondément ravir les oreilles des gens à l’occasion. Ce que je qualifie de « véritable DJ », c’est justement les gens qui passent une grande partie de leur temps à chercher LA pépite qui sortira du lot, à innover en mixant différents styles de musique pour apporter une touche nouvelle à leur art. Je ne fonctionne pas comme ça, mais je porte toute mon attention sur la fluidité, la finesse, et la cohérence des tracks que j’enchaîne.

Quelles sont tes influences musicales ?

A la base, j’ai découvert la techno et la trance des années 96-98, avec Sven Väth, Jeff Mills, Hallucinogen, Astral Projection
Et puis quand j’ai rencontré le premier mec que j’ai vu mixer sur vinyle, j’avais changé un peu de style déjà. Je commandais pour noël les best-of de Thunderdome et j’écoutais les premiers sets de tribe et de hardtek auquel j’avais accès ! Pendant une dizaine d’années, je suis resté focus sur le côté underground de la teuf, en devenant même hermétique à la trance pour un moment… Et mon goût pour cette famille de l’électro est vite revenu lorsqu’un ami nous a conviés, des copains et moi, à participer à une petite freeparty orientée sur la trance. Là, j’ai découvert que ce milieu correspondait bien plus à mes attentes, avec des gens beaucoup plus ouverts et lumineux, comme l’étaient les décors de ces mêmes soirées, justement. Le fluo, les sourires, la recherche du plaisir des yeux, autant que celui des oreilles… Et au fil des années, j’ai découvert la minimal, puis la deep techno que je n’aimais pas trop auparavant.

Qu’est-ce que tu aimes dans la pratique du DJing ?

Il y a deux choses qui me font vibrer dans ce domaine. D’une part, je suis fan d’interfaces électroniques. Donc j’aime vraiment m’amuser avec le PC et un contrôleur. Et d’autre part, étant quelqu’un un tantinet psychorigide, j’éprouve un grand plaisir à rendre le plus fluide possible les enchainements de deux tracks et à m’appliquer sur la cohésion des choses.

Tu as joué au festival Ethereal Decibel en août dernier, à Nantes. Comment s’est déroulée cette expérience ?

Je suis rentré chez EDC (Ethereal Decibel Company, organisateur du festival du même nom, ndlr) depuis bientôt 4 ans, après avoir passé 2 ans à les suivre et à m’investir dans leurs soirées sans jamais demander à intégrer l’asso. Et puis la mouche m’a piqué et j’ai proposé de devenir adhérent. Ce que l’équipe a accepté les bras ouverts, et même si je ne faisais pas parti du bureau, je suis un des membres actifs de la bande. Je ne suis malheureusement pas proche d’eux géographiquement mais on s’en accommode.
Pendant longtemps, n’ayant pas beaucoup confiance en moi, je n’osais pas me vendre auprès d’eux, si bien que même au bout de 4 ans que je les fréquentais, beaucoup d’entre eux ne savaient même pas que je mixais… Et puis là encore la mouche m’a piqué et j’ai proposé qu’ils me fassent jouer sur la petite scène du festival qu’on organise l’été. Arnaud, l’ex président de l’asso et programmateur des événements, m’a laissé un créneau sur le chill-out et j’ai pu encore une fois me rendre compte que mon travail était apprécié. Ce fût l’une de mes plus belles expériences en terme de réceptivité du public et de compliments reçus lorsque j’ai terminé mon set ! J’avais pourtant déjà mixé devant une foule plus conséquente, mais souvent dans des soirées plus underground, où les gens ont moins l’habitude de venir te féliciter quand ils te croisent dans le public.

Y a-t-il un artiste en particulier que tu aimerais rencontrer aujourd’hui, et pourquoi ?

Bien entendu qu’au fond de moi, j’apprécierais d’en rencontrer certains, comme Amélie Lens, Boris Brejcha, Stephan Bodzin, Gaudi, Ajja (qui était présent à une des soirées EDC, mais j’étais en
saison aux Saisies lors de son passage), Maguta, Drauf und Dran, et tout un tas d’autres qui produisent des sons à vous retourner le cerveau ! Sauf que comme je l’ai dit précédemment, je n’ai aucune
confiance en moi et suis très réservé dans un tel contexte… Du coup, je ne saurais même pas quoi leur dire une fois face à eux. C’est dommage mais il faut accepter ce que l’on est, donc je n’en fais pas un drame !

La musique est une véritable passion pour toi, aimerais-tu te professionnaliser dans ce domaine, ou souhaites-tu garder cette activité comme un loisir ?

Ma profession, ou tout du moins le dernier métier que j’ai appris et autour duquel je suis en train de monter mon activité professionnelle, c’est l’apiculture. Le monde des abeilles me passionne, et je ne pense pas pouvoir prétendre à devenir professionnel de la musique, étant donné ce que j’ai expliqué plus haut concernant ma façon de travailler.
Celui qui veut devenir pro se doit d’être constamment en recherche de nouveautés et d’innovation, me semble t-il. Je n’ai pas cette fibre.

Tu participes à l’open mix au BarBar Pub le 21 février prochain, dis-nous pourquoi le public doit absolument venir voir ton set.

C’est bien LA question à laquelle je ne sais absolument pas répondre !
Vous aimez la techno lourde et légèrement lancinante ? Vous appréciez lorsqu’un set est évolutif ? Vous aimez les influences house, techno, acid ? Alors je pense pouvoir vous faire plaisir avec le set que je joue actuellement ! Voila tout. Je n’ai aucune prétention, si ce n’est celle de vouloir faire plaisir aux gens.

Quels sont tes prochains projets musicaux ?

N’étant pas dans une dynamique professionnelle, ni dans l’optique de me faire booker le plus souvent possible, je dois avouer que je n’ai pas spécialement de projets. Je fais les choses comme ça me vient, lorsque le cœur m’en dit.
Mais tout de même, j’ai en tête de me plonger dans l’élaboration d’un nouveau set pour cette année, que je pourrais proposer lors du prochain festival EDC qui est en préparation pour cet été.

Le mot de la fin ?

Je tiens tout d’abord à remercier Marius (DA de High Potential, ndlr) et toute l’équipe de High Potential pour avoir écouté mes propositions de presta, et me faire confiance en m’invitant à participer à ce warm-up !
Merci de m’offrir cette opportunité de venir mixer pendant ma saison d’hiver dans une région où je ne connais personne !
L’atmosphère est un peu particulière en ce moment, avec les tensions générées par les abus flagrants des « grands » de ce monde, face aux revendications légitimes d’un peuple acculé et à l’absence totale de dialogue social. Mais une chose est certaine, la musique sera toujours là pour réunir des gens de tous horizons confondus et les faire kiffer le temps d’une soirée ou même de quelques jours. Et ça, ça vaut tout l’or du monde !
Keep Dancing !

Retrouvez Absyketix sur Soundcloud ICI

Ness

Quelle est la petite histoire de ton nom de scène ?

Mes amis m’appelaient Nesquik,  en mémoire de petits délires qu’on a pu avoir. Avec le temps, les gens se sont mis à m’appeler ‘Nes’. Quand je cherchais un nom de scène, je me suis dit « pourquoi pas utiliser ce surnom mais en y ajoutant un 2ème S ».

Qu’est-ce qui t’a donné envie de passer du coté des artistes de la scène électro ?

J’ai eu un groupe de rock pendant plusieurs années et malheureusement, nous avons dû l’arrêter. Pour compenser ce manque, je me suis mis à créer mes propres compositions sur logiciel. Petit à petit, je me suis identifié dans plusieurs styles.

Tu as fais parti de l’association lyonnaise Tape du Pied : quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?

C’était une belle époque : j’étais la 1ère personne à entrer dans cette association en temps qu’artiste ! C’est grâce à eux si j’ai pu me produire et partager ma musique sur la scène lyonnaise.

Quelle est ta vision du travail d’organisateur aujourd’hui ?

Organiser un évènement n’est pas de tout repos : j’ai pu m’en rendre compte avec le temps, en organisant certaines soirées.

En tant qu’artiste, tu navigues essentiellement du coté de la scène trance : en quoi ce genre te touche plus particulièrement ?

Je joue essentiellement de la trance progressive, mais j’aime beaucoup allier instrument acoustique et musique électronique. Ce genre me plaît beaucoup car il est inspiré du rock psychédélique : c’est l’évolution de la musique hippie des années 1970. Je me retrouve beaucoup dans ce style.

As-tu le sentiment que la scène trance est commerciale ou underground de nos jours ?

Tout style devient commercial à un moment donné. Je préfère plutôt parler d’effet de mode, même s’il est vrai que la trance s’est énormément développée ces 5 dernières années.

Comme tout artiste, tu as forcément des tracks qui ont marqué ton histoire : peux-tu nous citer 5 d’entre elles que tu considères comme incontournables ?

https://www.youtube.com/watch?v=JT0Ul9cP5e4
https://www.youtube.com/watch?v=EqgE2SAlfbs
https://www.youtube.com/watch?v=TFlE1NP_484
https://www.youtube.com/watch?v=qFdjWgPkMmY
https://www.youtube.com/watch?v=pHlSE9j5FGY

Tu es liver : quel matériel utilises-tu lors de tes prestations ?

Je joue uniquement mes musiques en prestation. Pour cela, j’utilise une APC 40, un micro et un Nanopad, parfois ma batterie électronique.

Coté production, tu n’as aucune signature à ton actif : une stratégie volontaire ? N’es-tu pas motivé à monter ton propre label ?

Je ne produis plus depuis bientôt 2 ans : je suis retourné vers la musique acoustique, je n’ai jamais signé une musique sur un label. A une époque, je voulais monter un label, mais c’est beaucoup de boulot et avec la musique, je n’aurais pas eu le temps.

Tu as également un concept en duo avec Tekbu : peux-tu nous en dire un peu plus ?

Ce projet est un mélange de batterie/percussions et de trance progressive bien lourde. C’est compliqué de proposer ce live en soirée car il nous faut beaucoup de place pour tout le matériel.

En quoi le travail collaboratif est-il enrichissant pour toi ?

Pour moi, la musique est faite pour être partagée tant entre musiciens qu’avec son public. J’ai toujours progressé et appris beaucoup plus vite en composant à plusieurs.

Tu vas jouer au BarBar Pub cet hiver : quelles sont tes attentes pour cette soirée ?

J’ai hâte de pouvoir partager mon univers musical avec de nouvelles personnes et découvrir un nouveau lieu.

Que comptes-tu nous proposer sur scène ?

Je jouerai via mon projet SaturNess, un duo avec mon ami Saturnoize, qui sera également présent le 31 janvier 2019 au BarBar Pub.

Si tu devais vivre seul sur une ile déserte, quel objet lié à la musique emmènerais-tu avec toi ?

Mon Handpan, sans aucune hésitation ! (rires)

Que peut-on te souhaiter pour ton futur artistique ?

Profiter de la vie et faire ce que j’aime, c’est à dire apprendre le plus d’instruments possible, et peut-être vivre de ma musique en jouant dans la rue.

Ton mot de la fin ?

La musique est une source d’énergie infinie.

Retrouvez Ness sur le web :

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Tekbu

Ancien collaborateur des sound system Tape du Pied et FLP, Tekbu nous fait partager la musique qu’il aime, entre acid, raggatek, et rap français (du bon… comme du mauvais !) Baissez le son de votre casque, ça risque de taper très fort.

La track qui t’as fait aimer la musique électronique ?

Alors pour moi ça serait pas juste une track, mais une cassette à l’époque où j’avais 8 ans, une compilation sortie par la radio Contact FM, Teckno.com 2000-2001 !

Tes track trance, acid et raggatek préférées ?

Difficile à dire, c’est surtout par période ! Pour la trance, ce serait plus un mix qu’une track, le Summer Mix 2012 de Freedom Fighters :

Pour l’acid, en ce moment, c’est Enko & Gelbkreuz – Smash The Machine :

Et pour la raggatek, la dernière que j’ai vraiment kiffé, c’est un titre de Vandal et StivsGunshots :

La track ou l’artiste qui t’as le plus influencé ?

Très difficile à dire, car j’essaye de faire dans l’original et de mélanger différents styles et cultures, donc je n’ai pas vraiment une influence en particulier. On pourrait plutôt dire que je me nourris de la musique au fil du temps !

La track qui marche à tous les coups en soirée ?

Je vais dire l’une des miennes, Brrrrrrrrrrrrra Sodabitek. Même 5 ans après, on me la demande toujours ! Et j’ai même réussi a faire danser des gens qui n’aiment pas la techno avec !

La track qui ne quitte jamais ta playlist ?

Aucune, en général, quand j’aime une track, je l’écoute à fond pendant un temps, jusqu’à découvrir une autre track qui me fasse vibrer.

La track qui t’as foutu une claque la première fois que tu l’as entendue ?

Il y en a tellement, difficile de choisir. Je dirais Pinnacle & Thumpa – Like A Bulldozer (The Speed Freaks Dancefloor Attack Rmx) :

La track qui t’as déçu ?

Je ne m’en rappelle pas, parce que quand ça me déçoit, je zappe très vite, donc je ne pourrais pas te répondre !

Ta track de la honte ?

Haha, vous allez rigoler ! Alonzo – La Belle Vie, bien sûr !

Ta prestation live ou ta compo fétiche ?

Franchement, j’aime tous mes lives et toutes mes compos, mais ma compo fétiche restera quand même Hallelutek, Togo Félé, un track d' »africatek », un style que j’ai inventé !

Ta track préférée tout style confondu ?

Choix encore super difficile, puisque j’aime énormément de choses ! On va dire Le BaskSlave Empire (Dr. Peacock RMX), même si c’en est une parmi tant d’autres :

Et dans un style qui n’a rien à voir, je pense à Fonky Family – Art de Rue aussi :

Retrouvez Tekbu sur :

Néo-Dyme

Fer de lance de la scène acid et tribe locale, Néo-Dyme viendra chauffer le dancefloor à coup de gros kick le 24 janvier prochain au BarBar Pub. En attendant, il nous a livré quelques-unes de ses influences musicales.

La track qui t’as fait aimer la musique électronique ?

Il n’y a pas une track particulière qui m’a fait aimer la musique électronique, mais ça c’est fait avec le temps et les découvertes de plusieurs styles de musique différents.

Ta track de Tribe préférée ?

J’aime assez les sons de Torvik, qui fait partit des Zouawotek, avec son projet Tribe sec mélodique.

La track ou l’artiste qui t’as le plus influencé ?

C’est un crew d’artistes qui m’inspire beaucoup, les Pzycolab, avec en parti Neurotribe et Kokko.

La track qui marche à tous les coups en soirée ?

La track qui ne quitte jamais ta playlist ?

La track qui t’as foutue une claque la première fois que tu l’as entendue ?

La track qui t’as déçue ?

SponshAcid Ocean, mais elle m’a déçue parce que le mastering laisse à désirer, et du coup, je ne pouvais jamais la jouer. Je suis plus frustré que déçu !

Ta track de la honte ?

Il n’y en a pas, si j’aime la musique je n’aurais aucune honte à la passer, si je ne l’aime pas, je ne la passe pas.

Ta composition fétiche ?

Ma composition fétiche est une track que je n’ai pas encore sorti, mais ça fait 5 mois je suis dessus, à travailler petit à petit. Elle s’appellera World Sustain.

Ta track préférée tout style confondu ?

Il n’y en a pas ! J’aime la musique en général et tout style confondu, donc difficile de faire un choix parmi tant de chef d’œuvres.

Retrouvez Néo-Dyme sur :

Le Cercle Prod

Passion et authenticité sont les maîtres mots qui désignent le Cercle Prod, un crew hip-hop formé de trois MC et un DJ, affectionnant le son old-school et les textes engagés. L’un des membres du groupe, Abel, aka MC Leba, nous parle en détail de ce projet, que vous pourrez retrouver sur scène le 27 janvier au BarBar Pub.

Comment est né le projet Le Cercle Prod ?

Formé pendant l’été 2015, le Cercle Prod est la réunion de deux beatmakers et MC du Queyras, deux MC chambériens, et un MC et un DJ aixois. Avec chacun des expériences et des savoir-faire différents, on a trouvé notre place pour former un groupe homogène. On attache une attention particulière à chacune de nos tracks et considèrons le rap comme une réelle prise de position ou chaque rime, chaque mot sont travaillés pour exprimer un point de vue ou une expérience.

Abel, peux-tu présenter les autres membres du crew ?

Tafcrea : Rappeur de 28 ans originaire de Savoie, j’ai commencé à écrire et rapper en 2012 pour me défouler. En 2014, j’ai commencé à m’enregistrer chez moi avec pour objectif de partager ma passion. C’est avec le collectif La Synapse que j’ai fait mes débuts, créé des collaborations avec MC Leba et démarré des petits concerts.

DJ Rouba : Actif depuis une vingtaine d’années, j’ai eu l’occasion de travailler en collaboration avec de nombreux artistes, avec qui j’ai voyagé dans toute la France et au Maroc. Du hip-hop à la house en passant par la funk, mes univers ont varié en fonction des rencontres que j’ai pu faire. Aujourd’hui DJ du collectif Senzu Street Art et du Cercle Prod, je me suis lancé dans un projet de home studio, où j’enregistre des artistes de la région et compose mes propres instrus.

Piero : Passionné de musique, et plus principalement de rap depuis ma jeunesse, j’ai commencé à écrire mes premiers textes en 2013. Issu du collectif Hors Fréquence, j’ai pu découvrir mes premiers lives et approfondir mon écriture. Influencé par les sons old school, j’essaie de transmettre mes émotions et mes vérités à travers mes écrits.

Leba : J’ai commencé à écrire en 2012, année pendant laquelle j’ai participé à de nombreuses scènes ouvertes. C’est au sein du collectif La Synapse que j’ai connu mes premières expériences de live. Pendant 3 ans, nous avions pour objectif de tourner un maximum, car c’est sur scène que nous nous épanouissions le plus.

Décrivez le son du Cercle Prod en 3 mots.

Rap indépendant, partage, old school.

Fin novembre, vous avez lancé un sondage qui montre que 97 % de votre public attend un album de votre part. Alors, les sessions studio, c’est pour quand ?

Nous avons déjà commencé l’écriture ! Notre projet sortira fin 2019, on l’espère ! D’autres séances studio sont prévues pour cet été.

Abel, tu as sorti un EP solo l’an dernier, sous ton nom MC Leba, 100 TAKTIK. Les autres membres ont-ils des projets solos à côté du Cercle Prod ? Si non, cela vous tenterait ? Et toi, Abel, quelle expérience gardes-tu de ce projet ?

Oui, nous avons chacun sorti un premier projet solo : Tafcrea a sorti Je me présente en 2015. Piero et DJ Rouba ont sorti en décembre dernier un premier EP ensemble, Conte des temps modernes, disponible sur toutes les plateformes. Pour ma part, j’ai sorti mon premier EP 100 TAKTIK, en collaboration avec Dansu en février 2017, dispo sur la page Facebook du Cercle Prod, et enregistré, mixé et masterisé au Micro Studio. J’en garde une très belle expérience, de bons moments ensemble sur scène, et plein de bons retours.

Le Cercle Prod a déjà croisé la route de The Dubalist, ou la Mante Religieuz. Avez-vous réussi à échanger entre vous ? Est-ce qu’un ou des projets entre dub et hip-hop sont prévus ?

Oui, nous avons créer de bons contact avec eux. Pour l’instant, aucune collaboration est en vue. Nous préférons nous concentrer sur notre projet principal !

Vous avez partagé une scène avec Kacem Wapalek, un jeune rappeur qui monte et qui commence à se faire connaître du grand public. Que pensez-vous de la jeune génération hip-hop ?

On les écoute tous très souvent, et on aime ce type de rap, plus underground et plus dans l’ombre. On se retrouve beaucoup plus dans ce rap que dans un style plus new school et commercial.

NTM et Hocus Pocus repartent en tournée, le Wu-Tang se reforme… Les anciens manquent tant que ça à la scène hip-hop ?

Leba : Ça fait plaisir de voir qu’ils sont toujours présent !

Tafcrea : Moi, ça me rappelle mon enfance !

Comment se passe un set du Cercle Prod ? Quel rapport avez-vous avec le public ?

On essaie de commencer doucement et de monter crescendo, pour avoir une vraie interaction avec le public.

Vous allez jouer au BarBar Pub le 27 janvier. Pourquoi le public ne doit en aucun cas rater votre set ?

On a hâte de venir et de défendre notre passion. De plus, on a préparer un nouveau set exprès pour cette date, on espère voir le public nombreux pour partager un vrai bon moment hip-hop !

Quels sont les futurs projets du Cercle Prod ?

On est sur l’écriture et l’élaboration d’un nouvel EP ou album pour la fin de l’ année. Affaire a suivre !

Le mot de la fin ?

Vive le jambon cru.

Retrouvez Le Cercle Prod sur :

DJ C’oil

Rencontre avec DJ C’oil, un DJ hip-hop venant d’Annecy qui revendique haut et fort son héritage 90’s !

DJ C’oil : un nom de scène qui a probablement sa petite histoire ?

C’est un remix de mon prénom, je m’appelle Loïc. « Coil » veux dire « bobine » en anglais et quand tu regarde une bobine du dessus, ça fait comme le sillon d’un vinyle. J’ai trouvé ça cool.

Comment es-tu entré en contact avec le hip-hop ?

Dans les années 1980, un ami bassiste de ma sœur revient de New-York avec un bac de disques comportant du funk, de la gogo, et du hip-hop. BOUM ! Le hip hop a gagné haut la main, c’était tout ce que j’attendais sans le savoir ! Quelques temps plus tard, Atix, m’a prêté ses platines jusqu’à ce que j’ai les miennes : et c’était parti.

Quels sont les 5 tracks hip-hop que tu considères comme des incontournables du genre ?

5 tracks ? C’est vraiment pas très généreux (rires) ! Mais je choisirais une sélection axée années 1990, j’avoue, même si je ne joue pas que ça :

A Tribe Called Quest –  Check the Rhime

Wu-Tang Clan –  Shame on a Nigga

Lords Of The Underground – Chief Rocka

KRS-One – MC’s Act Like They Don’t Know

NWA – Express Yourself

Quel genre de digger es-tu ? Shop numérique ou vinyle ? Quelques bonnes adresses ?

Pendant 20 ans, je n’achetais que des vinyles sur Annecy, Genève, Paris… Partout où j’allais : magasins spécialisés, brocantes, marchés du disque, etc… Maintenant, je  digge sur le net : j’utilise Serato, donc je télécharge des fichiers au format AIFF (format audio non compressé, ndlr). Je vais principalement sur Bandcamp pour tout ce qui est ‘underground’ ; iTunes aussi, parfois, pour tout ce qui est ‘mainstream’. Pour les shops vinyles, il y a Vinyle & Coffee, à Annecy : super shop, avec de quoi écouter des vinyles en buvant un café et en mangeant de bons cookies !

Qu’est ce qui t’a motivé a devenir DJ sur la scène hip-hop ?

L’amour que j’ai pour le hip-hop et l’envie de le partager.

Comment se porte la scène hip-hop locale ? Quel rapport entretiens-tu avec les autres artistes de la scène ?

A Annecy, la scène a toujours été plus rock, électro et reggae. Je ne connais pas trop la scène hip-hop d’Annecy malheureusement.

Une date au BarBar Pub cet hiver aux Saisies (73) : as-tu déjà joué en station ? Ambiance-t-on le public de la même façon en station qu’en milieu urbain ?

J’ai vraiment hâte de faire cette date. J’ai joué dans beaucoup de stations : La Clusaz, Les 2 Alpes, Tignes, Val d’Isère, Val Thorens, Vars, Le Grand Bornand, etc… Quelque soit l’endroit où je joue, je ne sais jamais à quoi m’attendre. C’est toujours diffèrent, que ce soit en ville ou en station. C’est un challenge à chaque fois. Je fais de mon mieux et je m’adapte.

Si tu devais définir l’univers de DJ C’oil ? Comment te démarques-tu des autres ? Quel matériel utilises-tu ?

Mon univers est plutôt inspiré par les années 1990, un hip-hop à base de samples. Je propose un voyage sonore allant du jazz au funk, en passant par la salsa et la samba, en mélangeant les classiques du hip-hop aux morceaux plus actuels. Je me balade entre des titres américains, anglais, suédois, japonais, australiens… Peu importe l’origine : si c’est groovy, c’est dans ma sélection. Je ne joue pas de trap par contre. J’utilise Serato avec des platines Technics et une table Rane 62.

Quel est ton rapport à la production ?

Je produis avec Logic Pro et j’ai une Electribe. Je ne suis jamais content de ce que je fais : j’ai une cinquantaine de titres inachevés qui dorment dans mon ordi. Je vais les réveiller de temps en temps, mais j’ai un sérieux déficit d’auto-croyance en moi. Je suis plus à l’aise avec mes platines !

La scène hip-hop a bien évolué depuis ses débuts : plutôt ancienne ou nouvelle école ? Que penses-tu de l’autotune actuellement en vogue ?

Je ne peux pas le cacher, je suis vieille école. Ça se voit rien qu’en lisant les 5 titres incontournables que j’ai annoncé plus en amont dans l’interview ! Le hip-hop est un arbre avec beaucoup de branches : la trap et l’autotune en est une sur laquelle je n’accrocherai pas ma balançoire, mais il en faut pour tous les goûts. Je pars du principe que si tu n’aimes pas, n’écoute pas. Et c’est ce que je fais : je n’écoute pas (rires) !

Quelles sont tes actualités à venir ?

J’ai une résidence au Fût et à Mesure à Annecy : j’y suis un jeudi sur deux. Je mixe aussi à La Clusaz, au pub le Salto, une fois par mois.

Ton mot de la fin ?

Hip-hop forever !!!

Retrouve DJ C’OIL sur le web

Elektrovore

En marge de la soirée au Barbar Pub qui aura lieu le 17/01/2019, rencontre avec Sylvain, plus communément appelé Nours, militant de la fête libre depuis les débuts, membre et fondateur de l’association Grenobloise Elektrovore et organisateur de free-party :

Salut Nours, merci à toi d’avoir accepté notre demande mais avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter, ton association et ses activités ?
Donc moi c’est Nours, 42 ans, auto-entrepreneur, président de l’association Elektrovore, association composée de 4 potes (Noizaddict-Head, Luigi, Colo, et moi-même). Son but est de promouvoir les musiques électroniques actuelles par tous les moyens possibles mais aussi l’interconnexion des artistes, et des associations locales.

Peux-tu nous expliquer ta vision de la free-party, comment tu as connu ce mouvement et pourquoi aujourd’hui tu es devenu un acteur majeur de celui-ci ?
La teuf c’est tout d’abord la réunion de personnes accros au même genre de musique, accros aussi à un certain niveau sonore et à une certaine liberté. J’ai connu le milieu de la free à mon retour de l’armée. Jour de l’an 99 dans un hangar vers Toulon et pour tout dire, c’était assez dur, et je n’ai pas vraiment profité du son. Puis quelques temps après je suis allé à une teuf dans l’Ain et là, boum, révélation musicale. Depuis ça ne me lâche plus. Je veux dire par là que la musique fait partie de moi. Je ne pense pas être un acteur majeur car tout seul je ne ferais rien, on est un ensemble si tu vois ce que je veux dire. Je suis juste un passionné. J’aime voir le sourire des gens devant un bon set, sur une bonne façade. Je crois aussi que nous avons encore de la bonne musique à faire écouter aux gens et c’est pour cela que l’on se bouge autant.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?
Non, pas spécialement.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ?
En fait je ne crois pas qu’il y ait matière à débattre. La musique te « touche » ou pas ! Pour ma part je ne suis pas adepte de ce style (EDM, ndlr) car la construction, les mélodies, les vocaux utilisés ne me font pas voyager quand je ferme les yeux (ceux qui savent me comprendront !). Je ne prétends pas avoir tout écouté dans le style mais en général c’est pas mon truc. Cependant, au vu du nombre de personnes qui se rendent chaque année dans les festivals de ce style, il me semble que l’EDM a encore de beaux jours devant elle. Même si je ne suis pas adepte, j’ai du respect pour le travail fournit par les DJs.

Les dernières soirées organisées étaient avec d’autres collectifs (Balek Family, Malbarés, Revol-T, etc…), Comment se passe les collaborations inter-assos ?
Il faut comprendre que nous sommes tous des potes amoureux de la même musique et avec une même idée de ce qu’est une bonne soirée. A partir de là, la collaboration se fait presque intuitivement. On va tous dans la même direction. Pure son, façade bien réglée, bonne ambiance, un bon site, le pied quoi.

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?
La première chose à laquelle on pense, c’est la sécurité des participants. Ensuite on cherche un lieu assez éloigné afin d’éviter toute nuisance sonore pour les riverains. Le jeu étant bien sûr qu’aucune plainte ne soit déposé.

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ?
Le respect. De soi et des autres. Le partage.

Quelle place accordes-tu à la prévention santé dans tes soirées ?
Pour l’instant je dois dire que nous devons être mieux organisés car il est rare que nous ayons un stand de prévention.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans tes soirées ? Comment s’organise le line-up ?
Le line-up c’est l’enfant terrible. Il veut jamais se laisser faire ! (rires). Le top c’est de faire monter la pression jusqu’au lever du jour (à mon goût), pour repartir tranquille avec le Soleil. On essaie de faire en sorte que ça marche… Pour la musique, on peut entendre de tout, ça dépend des DJs et Livers.

Vous revenez jouer cette saison au Barbar le 17/01/19 après 2 prestations qui ne sont pas passés inaperçues la saison dernière. Qu’avez-vous prévu de particulier, qu’est-ce qui fait qu’on ne doit surtout pas vous rater ?
On se déguise en licorne ! (rires). Plus sérieusement, pour notre 3ème passage au Barbar, le crew Elektrovore ont affûté leurs sets et sorti les pépites de leurs bacs pour vous enchanter les conduits auditifs ! Alors sortez vos plus belles moonboots, on va vous faire chauffer les semelles (rires) !

Quels sont les projets à venir ?
Plein de projets sont ouverts mais pour l’instant on ne va rien dire. Stay connected…

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?
Rave on 🙂

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