Étiquette : Interview

Elektrovore

En marge de la soirée au Barbar Pub qui aura lieu le 17/01/2019, rencontre avec Sylvain, plus communément appelé Nours, militant de la fête libre depuis les débuts, membre et fondateur de l’association Grenobloise Elektrovore et organisateur de free-party :

Salut Nours, merci à toi d’avoir accepté notre demande mais avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter, ton association et ses activités ?
Donc moi c’est Nours, 42 ans, auto-entrepreneur, président de l’association Elektrovore, association composée de 4 potes (Noizaddict-Head, Luigi, Colo, et moi-même). Son but est de promouvoir les musiques électroniques actuelles par tous les moyens possibles mais aussi l’interconnexion des artistes, et des associations locales.

Peux-tu nous expliquer ta vision de la free-party, comment tu as connu ce mouvement et pourquoi aujourd’hui tu es devenu un acteur majeur de celui-ci ?
La teuf c’est tout d’abord la réunion de personnes accros au même genre de musique, accros aussi à un certain niveau sonore et à une certaine liberté. J’ai connu le milieu de la free à mon retour de l’armée. Jour de l’an 99 dans un hangar vers Toulon et pour tout dire, c’était assez dur, et je n’ai pas vraiment profité du son. Puis quelques temps après je suis allé à une teuf dans l’Ain et là, boum, révélation musicale. Depuis ça ne me lâche plus. Je veux dire par là que la musique fait partie de moi. Je ne pense pas être un acteur majeur car tout seul je ne ferais rien, on est un ensemble si tu vois ce que je veux dire. Je suis juste un passionné. J’aime voir le sourire des gens devant un bon set, sur une bonne façade. Je crois aussi que nous avons encore de la bonne musique à faire écouter aux gens et c’est pour cela que l’on se bouge autant.

Milites-tu pour une cause particulière au sein de la culture électronique ?
Non, pas spécialement.

Comment te positionnes-tu sur le débat entre musique électronique underground et commerciale ? Quel est ton point de vue sur l’EDM ?
En fait je ne crois pas qu’il y ait matière à débattre. La musique te « touche » ou pas ! Pour ma part je ne suis pas adepte de ce style (EDM, ndlr) car la construction, les mélodies, les vocaux utilisés ne me font pas voyager quand je ferme les yeux (ceux qui savent me comprendront !). Je ne prétends pas avoir tout écouté dans le style mais en général c’est pas mon truc. Cependant, au vu du nombre de personnes qui se rendent chaque année dans les festivals de ce style, il me semble que l’EDM a encore de beaux jours devant elle. Même si je ne suis pas adepte, j’ai du respect pour le travail fournit par les DJs.

Les dernières soirées organisées étaient avec d’autres collectifs (Balek Family, Malbarés, Revol-T, etc…), Comment se passe les collaborations inter-assos ?
Il faut comprendre que nous sommes tous des potes amoureux de la même musique et avec une même idée de ce qu’est une bonne soirée. A partir de là, la collaboration se fait presque intuitivement. On va tous dans la même direction. Pure son, façade bien réglée, bonne ambiance, un bon site, le pied quoi.

Comment choisis-tu les lieux où tu organises tes soirées ?
La première chose à laquelle on pense, c’est la sécurité des participants. Ensuite on cherche un lieu assez éloigné afin d’éviter toute nuisance sonore pour les riverains. Le jeu étant bien sûr qu’aucune plainte ne soit déposé.

Quelles valeurs diffuses-tu à ton public dans tes soirées ?
Le respect. De soi et des autres. Le partage.

Quelle place accordes-tu à la prévention santé dans tes soirées ?
Pour l’instant je dois dire que nous devons être mieux organisés car il est rare que nous ayons un stand de prévention.

Quels sont les genres électroniques qu’on peut entendre dans tes soirées ? Comment s’organise le line-up ?
Le line-up c’est l’enfant terrible. Il veut jamais se laisser faire ! (rires). Le top c’est de faire monter la pression jusqu’au lever du jour (à mon goût), pour repartir tranquille avec le Soleil. On essaie de faire en sorte que ça marche… Pour la musique, on peut entendre de tout, ça dépend des DJs et Livers.

Vous revenez jouer cette saison au Barbar le 17/01/19 après 2 prestations qui ne sont pas passés inaperçues la saison dernière. Qu’avez-vous prévu de particulier, qu’est-ce qui fait qu’on ne doit surtout pas vous rater ?
On se déguise en licorne ! (rires). Plus sérieusement, pour notre 3ème passage au Barbar, le crew Elektrovore ont affûté leurs sets et sorti les pépites de leurs bacs pour vous enchanter les conduits auditifs ! Alors sortez vos plus belles moonboots, on va vous faire chauffer les semelles (rires) !

Quels sont les projets à venir ?
Plein de projets sont ouverts mais pour l’instant on ne va rien dire. Stay connected…

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?
Rave on 🙂

Poussez l’aventure encore plus loin sur le web :

D’Jamency

Retour sur la rencontre avec D’Jamency, talentueux acteur de la scène électronique française depuis de nombreuses années.

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore au regard de ton parcours très riche, peux-tu revenir à tes débuts, qu’est ce qui t’as fait venir dans ce milieu ?

Comme beaucoup, j’ai commencé par user mes baskets sur les dancefloors des raves au début des années 90 avant de devenir DJ (rires) ! Ma première « rave party » comme on les nommait à l’époque, a été une vraie révélation ! J’ai eu la chance de côtoyer très rapidement des artistes de ce nouveau courant musical, et comme toute naissance d’un mouvement musical, c’était tout beau, tout neuf, réservé aux passionnés ! Je suis très heureux d’avoir pu découvrir cette nouvelle scène à ses débuts en France : ces soirées amenaient un son nouveau, un public motivé et intimiste, des lieux magiques (châteaux, caveaux, entrepôts, salles en tout genre), des décos délirantes et des artistes qui développaient positivement le métier de DJ… Bref, une vraie culture technoïde se mettait doucement en place ! Pour moi c’est une période qui restera gravée à jamais dans ma mémoire, mais malgré tout je ne fais pas partie des personnes nostalgiques : cette scène a évolué musicalement, elle s’est démocratisée et professionnalisée, l’effet de mode du DJ s’est installé avec ses points positifs et négatifs qui en découlent. Mais c’est bien normal, la vie change et évolue… Je veux vivre avec mon temps et ne pas devenir aigri par rapport à cette période dorée.

Comment as-tu trouvé ton nom de scène ?

Le but primordial était de trouver un nom de scène dont je sois le seul à utiliser et qui soit assez reconnaissable. Ce fut chose faite avec quelques amis après une soirée bien arrosée pour être honnête ! (rires)

Quelles sont tes influences ?

Elles sont essentiellement dans la musique électronique, il y a tellement de styles différents dans ce courant musical (triphop, chill, house, deep, electro, minimal, techno, breakbeat, drum’n bass…). Cela peut surprendre mais j’écoute également pas mal de musique classique car j’ai eu une formation classique quand j’étais jeune en pratiquant des instruments tel que le clavier ou la guitare.

Quel est ton meilleur souvenir de soirée ?

Ouchhh !! Très difficile de faire un choix après plus d‘une vingtaine d’années de mix, j’ai tellement eu de bons souvenirs aussi bien dans de petites soirées intimistes et conviviales que dans de gros events. J’ai de très bons souvenirs de prestations effectués dans de superbes lieux avec des sound systems de malade, light mapping et lazer show énormes, comme par exemple l’Octagon à Séoul ou le Sysiphos à Berlin, ou bien en France dans le mythique Rex Club, les conditions pour jouer étaient tellement exceptionnelles, le public si réceptif et chaleureux, ce fut un vrai bonheur de partager ma musique ces soirs-là !

Le pire plan que te soit arrivé ou une anecdote croustillante ?

Obligatoirement, on passe tous par des galères un jour ou l’autre, mais je t’avoue que j’essaie d’effacer ça au plus vite de ma mémoire (rires) ! Le plus désagréable reste lorsque tu te retrouves dans une belle soirée où le public est au rendez-vous et que le matos pour mixer est de mauvaise qualité ou que tu subis un grave problème technique. C’est très frustrant de ne pas pouvoir être à 100% de tes capacités techniques pour donner le maximum au dancefloor. Les gens sont là pour t’écouter, pour s’amuser et même si tu as un souci technique, ils ne devraient pas avoir à le subir si possible… On en garde ce sentiment d’inachevé qui laisse un goût amer. Heureusement, cela n’arrive que très rarement, mais c’est la loi du live !

Comment vois-tu l’évolution du métier de DJ ? Est-ce donné à n’importe qui ?

Effectivement, le métier de DJ a beaucoup évolué. L’effet mode du DJing est aussi passé par là dans les années 2000. Avec les nouvelles technologies, il est maintenant plus facile de mixer mais l’expérience des soirées et du dancefloor, la maitrise de la programmation et de l’évolution d’un set et l’adaptation musicale à un public ne peuvent s’acquérir qu’avec les années je pense.

Personnellement, j’ai joué pendant plus de 16 ans uniquement sur platines vinyle, j’avoue que je suis issu de la vieille école (rires) ! Ça m’a permis d’acquérir mon expérience, mon background. Avec l’arrivée en force du numérique, je commençais à peiner pour trouver tous les tracks que je souhaitais jouer sur vinyles et je recevais tellement de promos de labels via internet que je ne pouvais pas utiliser, ça devenait frustrant. J’ai donc fait le choix de commencer ma transition en mixant avec Traktor et 2 platines avec les vinyles timecodés pour jouer du WAV (format non compressé de fichier musical, ndlr). Puis j’ai commencé à apprécier les larges possibilités qu’offrait un tel logiciel, donc je suis passé sur un mix-live hybride sur 4 decks, que je trouve très créateur où tu peux boucler, séquencer, sampler tout en jouant avec les nombreux FX (effets, ndlr) du logiciel et que je couple avec un iPad et 2 contrôleurs X1 . Cela permet d‘aller vraiment loin dans l’expérimentation, tu peux rajouter par exemple une Maschine MK2 ou une boîte à rythmes Roland que tu pilotes également avec le PC et que tu couples avec Traktor, bref, les possibilités de modifier ton set-up sont importantes. De plus, cela me permet d’emmener une sélection musicale infinie et variée dans mes déplacements sans être obligé de me traîner 3 bacs à disques… Mon dos me remercie ! Ça ne m’empêche pas de continuer à acheter quelques bombes en vinyles de temps en temps pour les mixer quand il y a des platines là où je vais jouer.

Après, je sais qu’il y a pour certains une guerre bon enfant entre le vinyle et le digital, chaque support a ses qualités et ses défauts. Et pour moi l’un n’empêche pas l’autre, il faut vivre avec son temps… Et pourtant je suis un fou de vinyles, j’en ai plus de 8500 chez moi !

Honnêtement ce n’est pas le support sur lequel tu mixes, mais ce que tu fais avec, ce que tu donnes aux gens qui importe. C’est le résultat que tu amènes sur le dancefloor qui est primordial, le reste est un peu superficiel je trouve…

Tu as baroudé un peu autour de la planète, quel public préfères tu ?

Un des principaux privilèges de mon métier est de m’avoir permis de beaucoup voyager et de rencontrer énormément de personnes tout au long de mon parcours. De nombreux endroits m’ont particulièrement marqués, mais j’avoue que j’ai pris ma plus grosse claque en Asie. C’est un “tout“ là-bas : une culture très différente de celle de l’Europe, un savant mélange entre le high-tech (des clubs très modernes, avec des équipements technologiques à la pointe, un vrai plaisir pour effectuer des prestations musicales) et leurs traditions millénaires qu’ils ont su préserver. J’ai eu un vrai coup de cœur aussi bien professionnelle que personnelle avec les gens pour qui j’ai travaillé ou que j’ai pu rencontrer en soirée sur ce continent.

Tu composes depuis de nombreuses années : quel sont tes outils de travail préférés ? Par quelles étapes passes-tu pour produire un morceau ?

Depuis quelques années j’ai changé de logiciel pour travailler avec Live d’Ableton (que j’utilise également pour faire des live-act) sous Mac, je le pilote avec une surface de contrôle APC40 ainsi qu’un clavier maître. J’ai complété mon studio avec quelques machines analogiques que je change de temps en temps (Elektron Monomachine, Mopho Keyboard, Nordlead, Expanders E-MU & Roland…) Je compose également avec beaucoup de plugins en interne notamment ceux de Native Instruments. En écoute, j’ai opté pour une paire d’enceintes monitoring Mackie HR824.

Lorsque je compose un nouveau track, j’essaie de poser une trame assez rapidement, trouver les pistes principales, leur appliquer un 1er mixage pour que l’ensemble sonne déjà bien et de ne pas trop traîner pour faire un 1er arrangement. Je reviens quelques jours plus tard dessus pour supprimer ou rajouter des pistes si besoin, peaufiner l’habillage sonore, terminer l’arrangement et travailler le mixage final. Si je bloque trop sur la composition d’un morceau, il y a de grandes chances que je ne sois pas satisfait au final. Personnellement, je ne m’acharne plus comme avant, si ça n’avance pas, j’essaie de passer à un autre projet rapidement.

Que préfères tu : le travail de composition ou le mix ?

Ce sont deux activités différentes mais à la fois complémentaires. Pour moi, la composition est une activité plus studieuse, plus réfléchie avec une phase plus importante de recherches et d’expérimentations. Ce qui est, je trouve, bien différent d‘un mix qui a quelque chose d’éphémère, d‘aléatoire et d’unique : on essaie de procurer du bonheur à un public en racontant une histoire musicale à un moment “T“ durant une soirée. La production m’a appris également à être plus curieux, à échanger nos expériences studio avec d’autres artistes, à développer ma culture musicale… Tout ceci m’a d’ailleurs servi pour élargir mes programmations musicales durant mes prestations mix.

Quelle est ton actualité pour le coup ?

J’ai sorti cet été un track techno dark et dancefloor sur Natura Viva Music qui a été playlistée par de nombreux artistes internationaux que j’apprécie. D’ici la fin de l’année, je sors un nouvel EP que je partage avec mon ami Hurukan sur le label hollandais Patterns Records, et j’espère qu’il plaira aux aficionados de techno underground. J’ai plusieurs commandes de remixes en cours où j’aurai également le plaisir de signer aux cotés de producteurs dont j’aime beaucoup leur musique.

Bref j’invite les gens à se connecter régulièrement sur mes différents réseaux sociaux pour avoir les informations détaillées. Ils pourront aussi se tenir au courant sur mes prochaines dates en France et à l’étranger.

Sinon nous avons monté avec mon collègue Atix un nouveau projet de live-act techno en duo sous le pseudo « iKick! », avec lequel nous effectuons des prestations durant l’année et où l’on commence à signer quelques tracks.

Comment s’est passée ta rencontre avec Atix ?

On se connait depuis de nombreuses années et l’on a côtoyé de nombreuses scènes en tant que DJ ensemble. Nous nous connaissions bien au niveau musical, et un jour, un organisateur nous a demandé d’effectuer un versus en DJ set pour une soirée, c’est là que nous est venu l’idée de proposer un live-act plutôt qu’un back to back en mix.

Quel est le concept de iKick! ?

Le concept est de nous regrouper musicalement afin de proposer un nouveau projet de live-act techno en duo sous le pseudo « iKick! », avec lequel nous avons déjà effectué plusieurs prestations dans des festivals et clubs français. Nous nous sommes beaucoup impliqués dans ce projet en produisant plus de 2 heures de sons exclusivement dédiées à notre prestation live.

Comment vous organisez-vous ? Avec quel set-up ?

Nous avons plusieurs set-up différents, tout dépend de la place que nous aurons à disposition dans le lieu où nous effectuerons notre live. Le set-up le plus complet se compose généralement de 2 MacBook Pro avec Live d’Ableton, 2 APC40, des Roland TB303 & TR8, 1 Electribe, 1 Elektron Monomachine, quelques racks d’effets, compresseurs, 2 cartes Audio10 et 1 iPad.

D’effectuer notre live-act en duo nous permet de mettre une part plus importante d’improvisation durant notre prestation. L’un d’entre nous s’occupe plus de l’arrangement pendant que l’autre insère différentes parties musicales plus libres grâce à nos différentes machines hardware et nous changeons de rôle plusieurs fois durant le live. Il faut effectivement bien se connaître musicalement, mais c’est un vrai plaisir de pouvoir partager cette prestation avec mon ami Atix. Cela m’a permis de beaucoup m’enrichir aussi bien techniquement que musicalement. Nous avons chacun notre manière de composer et notre univers musical privilégié, de pouvoir réunir tout ceci en une entité musicale est vraiment très stimulant je trouve.

Votre actualité semble riche ?

Les jolis feedbacks et encouragements que l’on a pu recevoir du public après nos dates nous ont encouragés à produire quelques tracks que nous allons signer sur plusieurs labels internationaux prochainement. Un 1er titre va d’ailleurs sortir sur le label berlinois Elektrotribe fin novembre 2018. Plusieurs dates seront programmées en 2019 pour faire découvrir au public notre live qui a encore bien évolué musicalement.

Je vous invite donc à nous ajouter sur notre page FB iKick pour suivre notre parcours musical !

Quels sont tes prochains projets?

J’ai beaucoup d’idées que je n’ai pas encore concrétisées, je ne suis pas à court a ce niveau-là ! J’ai par exemple le projet de réaliser un nouveau Asia DJ Tour en 2019, je n’y suis pas retourné depuis 2 ans et je suis très heureux de pouvoir rejouer dans ce coin du monde prochainement. J’ai également plusieurs projets au niveau production que je n’ai pas encore réalisé et qui me tiennent à cœur…

Personnellement, je réalise déjà mon rêve, pouvoir vivre de ma passion, la musique électronique, depuis une vingtaine d’années, et qui me permet de voyager dans les 4 coins de la France mais aussi en Europe et en Asie. J’espère que cela continuera encore dans l’avenir et que je pourrai développer encore plus de dates, notamment à l’étranger, afin de découvrir de nouveaux publics sur des continents où je n’ai pas encore eu l’opportunité de jouer.

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Axel Nirka

Axel Nirka, fondateur de Maxisound, programmateur de la radio grenobloise Max FM, mais également web journaliste au sein d’High Potential, est un personnage dévoué à la musique électronique depuis son plus jeune âge. Cette expertise en fait aujourd’hui un acteur incontournable de la scène émergente régionale. Grand friand de house et de techno, nous lui avons posé quelques questions sur ses influences majeures, afin que vous puissiez découvrir et apprécier son univers artistique.

La track qui t’as fait aimer la musique électronique ?

Plus que le titre, c’est ce DJ que j’ai vu en soirée au Mad à Lausanne qui m’a mis une grosse claque dans la gueule : trois platines et une boite à rythme pendant 3h, il mérite bien son surnom de « magicien » tellement c’était énorme, envoûtant et irrésistiblement groovy.

Ta track house et techno préférée ?

Du côté de la house :

DJ Chus & The Groove FoundationThat Feeling (De Poniente Mix), qui apporte une touche de Soleil, un bon goût de vacances et de belles soirées avec mes potes DJ quelques années en arrière mais pas que….

Du côté de la techno :

Bolz BolzTake A Walk (Neo-Romantic Dima Mix), qui me fait toujours  inlassablement vibrer au fil des années.

La track ou l’artiste qui t’as le plus influencé ?

Pfff, compliqué, comme question : je raisonne plus en terme de label et retiens difficilement les titres depuis l’époque où je jouais sur vinyles. Le son de Danny Tenaglia me plaît fortement, tout comme un vieux label, Sondos Records. Du côté techno, c’est plus un personnage comme Vitalic que j’apprécie, surtout à ses débuts.

La track qui ne quitte jamais ta playlist ?

VitalicPoney Part. 1, pour tous les souvenirs et la belle énergie qu’il me procure depuis les années 2000 : ressourçant et vivifiant !

La track qui t’as foutue une claque la première fois que tu l’a entendue ?

Le Kah Pang de Play Paul & Nicos Marcos, sur le label Great Stuff qui m’a fait tripper à mort en 2006 quand je jouais encore à l’époque sur Max FM… Je l’intègre encore dans mes sets les plus techno.

La track qui t’as déçue ?

Peut-être le titre Robot Rock des Daft Punk, qui fait un copier-coller monstrueux du titre des Breakwater Release the Beast, titre que je plaque de temps en temps dans un set plus orienté disco-funk.

Ta track de la honte ?

Comme je ne fais pas que de la house ou de la techno en soirée, j’en ai plein ! Le pire serait un bon vieux Patrick Sébastien qu’on me demande régulièrement et dont je vais taire le nom, haha !

Ta composition fétiche ?

Un titre de Laurent Garnier pas du tout connu ! Ce morceau est tout simplement énorme et d’une rare délicatesse.

Ta track préférée tous styles confondus ?

Un extrait de la bande son du Temps des Gitans signé Goran Bregovic : Ederlezi, qui pourrait mettre la larme à l’oeil au plus commun des mortels. La musique suscite une telle émotion, la plus belle invention de notre espèce.

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Kour[t]-Cirkuit

Loin de son univers techno sombre et industriel (vraiment ?…), notre artiste Kour[t]-Cirkuit nous fait partager ses coups de coeur musicaux à travers 10 tracks, entre hip-hop, folk… et techno, bien sûr !

La track qui t’as fait aimer la musique électronique ?

Röyksopp – Eple : une track envoutante, et elle m’a fait découvrir un univers que je n’imaginais même pas !

Ta track Techno préférée ?

Alors là sans aucun doute, Paul Kalkbrenner – Revolte, remixé par Citizen Kain : elle me rend taré dès que je l’écoute (rires) !

La track ou l’artiste qui t’as le plus influencé ?

Très sincèrement, j’en ai pas ! Je ne suis pas du genre à trop idéaliser les artistes ou à me dire « faut trop que je fasse comme lui ou comme cette track »… Je na vais pas dire que je n’ai pas d’influence, mais ce ne sont jamais les mêmes, et ça change très vite !

La track qui marche à tous les coups en soirée ?

Facile !! Sam Paganini avec ‘Rave’ (rires) ! C’est une track indémodable, tout le monde la connait, du coup, t’es sûr que ça marche… Après, j’en ai plein d’autres qui marchent très bien, mais celle-là est quand même toujours un cran au-dessus !

La track qui ne quitte jamais ta playlist ?

‘Vocab’ des Fugees : je pense que c’est la chanson que j’ai le plus écoutée dans ma vie, elle est juste parfaite du début à la fin ! Par contre, il y a 2 versions ce ce morceau, et je parle bien de la version que l’on peut entendre en-dessous !

La track qui t’as foutu une claque la première fois que tu l’as entendue ?

Agnes Obel – Riverside. C’est Mad, un très bon pote à moi, qui est ingé son qui m’a demandé de l’écouter, assis tranquille, sur de très bonnes enceintes, et à plein volume ! Faites-le et vous allez comprendre la qualité de la musique, de l’interprète, du mixage etc… OK, je m’emballe là, haha ! Une émotion incroyable !

La track qui t’as déçu ?

J’ai jamais rien attendu de particulier d’une track, donc je n’ai jamais été déçu, au pire je ne l’aime pas… sauf peut-être ‘Get Lucky’ des Daft Punk, on est loin du son original du duo, mais de là à dire que j’ai été déçu… Chaque artiste fait ce qu’il veut, et c’est ça qui est beau. Mais je ne l’aime pas, donc mets pas de lien Youtube pour celle-là, s’il-te-plaît ! (rires)

Ta track de la honte ?

Bonne question, j’en sais rien… Allez, si : Duck Sauce avec ‘Barbra Streisand’, c’est d’un kitch, mais je trouve qu’elle groove vraiment bien !

Ton DJ set ou ta compo fétiche ?

Pas évident car par défaut, quanq on sort quelque chose, que ce soit une track ou un set, on aime ce qu’on fait, mais j’ai envie de mettre ma compo ‘Canoniser’ : elle a été réalisé avec mes tripes, avec une vraie volonté politique derrière, un vrai travail artistique… Ça lui donne un côté malsain, dérangeant, que j’aime beaucoup !

Ta track préférée tout style confondu ?

Alors j’en ai beaucoup, de tracks préférées !  Quand on se fait des soirées style écoute de musique entre potes, ça fuse, mais si je devais en choisir une, je dirai quand même Marie Laforêt – Tu Fais Semblant remixé par Mounika. Une beauté.

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Sacoche

Jeune producteur aux multiples talents, Sacoche apporte ses influences deep et atmosphériques dans sa valise avant de se poser au BarBar Pub le 3 janvier prochain. En attendant, découvrez ce personnage artistique lyonnais qui ne laisse pas indifférent.

D’où vient ton nom de scène, ‘Sacoche’ ?

Mon nom de scène vient d’un délire entre potes à l’UCPA (école de DJing, ndlr), pour me définir comme une personne qui à plus d’un tour dans son sac (artistiquement parlant) !

Comment définirais-tu le « son Sacoche » ?

Je définirais mon son comme un voyage pour les auditeurs, aux influences house, techno, underground, mélangeant une basse profonde avec une instrumentale percutante. J’aime varier les nuances dans mes sons et faire voyager, encore une fois, mon public, je veux l’emmener où je le souhaite.

En tant que jeune producteur, quels sont les artistes dont tu te rapproches le plus musicalement ?

Je dirais Steam Shape, Coyu, ou Dubfire. J’aime m’ouvrir à différents univers afin d’améliorer ma musique et de proposer à mon public un son unique.

De quoi est composée ta playlist en ce moment ?

En ce moment, j’écoute assez peu de musique électronique, en définitive ! Je suis dans une période plutôt rock, entre le blues et le punk californien : Moriarty, Shaded… Ha si, j’écoute Khainz, dans un style proche de la minimal allemande, mais également des univers styles plus agressifs comme Ponny, Teksa, plus proche de la hardtek… Je suis assez éclectique, dans mes goûts musicaux !

Tu es originaire de Lyon, quel regard portes-tu sur la scène locale ?

Oui, je viens de Lyon, et j’adore ma ville lumière ! On y trouve des scènes locales plutôt variées, où tous les styles musicaux sont représentés afin de contenter les goûts de chacun. Nous avons énormément de salles comme Le Sucre, Le Transbordeur, Le Ninkasi, Le Petit Salon, et j’en passe… La grande pluralité culturelle de cette ville permet de toucher un maximum de monde.

Tu as l’air de bien connaître ces scènes, puisque tu as déjà joué au Ninkasi et sur la péniche du  Bellona entre autres, justement. Que retiens-tu de ces expériences ?

Pouvoir m’exprimer sur des scènes , tel que le Ninkasi Kao, l’Evasion Festival, Le Diskret, la péniche Le Loupika ou encore le Terminal, a été pour moi une concrétisation de toutes ces années passées à m’entraîner et à me perfectionner dans l’ombre.
Musicalement parlant, ces scènes sont de très beaux souvenirs qui me donnent encore plus d’énergie pour me dépasser et m’ont permis d’approfondir mes connaissances. On en apprend tous les jours, et je peux vous dire que le meilleur reste à venir !!

Revenons sur ta facette de producteur. Comment travailles-tu ? Sur quels logiciels, synthés, etc… ?

Je travaille beaucoup avec FL Studio et des VST (Virtual Studio Technology, ou synthétiseur virtuel, ndlr) comme Sylenth, Nexus 2, Massive ou encore Fab Filter et bien d’autres. Mon prochain objectif est de commencer à bosser sur le logiciel de MAO d’Ableton, Live.

Question à trou : ton plus grand rêve, ce serait ?…

Je dirais signer un gros label, tel que le célèbre label anglais Toolroom Records, Turbo Recordings, le label du DJ et producteur Tiga, ou encore Prisma ou Headzone.

Tu vas jouer au BarBar Pub le 03/01 aux côtés de Missily, une artiste originaire de Marseille. Quel est ton point de vue sur la place de la femme dans le milieu de la musique électronique ?

C’est toujours un plaisir pour moi de mixer avec Missily, je pense qu’une touche féminine dans le monde de la musique électro est très positive. Elles ont trop longtemps été mises de côté par les artistes masculins, et elles apportent souvent quelque chose de nouveau, une harmonie et une vision du son différentes, dont on a bien besoin aujourd’hui. D’ailleurs, j’ai hâte de pouvoir ambiancer le BarBar Pub aux côtés de Missily, comme nous l’avons déjà fait par le passé, c’est une artiste accomplie qui mérite d’avoir plus de visibilité !

Donne-nous un argument choc pour que le public vienne absolument te voir le 03 janvier ?

Je vais leurs concocter un set ardent et cosmique qu’ils ne sont pas prêts d’oublier, haha !

Quels sont tes projets, à l’avenir ?

Comme je le disais plus haut, j’aimerais commencer à travailler sur le logiciel d’Ableton et continuer à perfectionner mon son, afin de pouvoir signer un label reconnu, et bien sûr continuer à me produire sur des scènes.

Le mot de la fin ?

Je profite du mot de la fin pour transmettre mes remerciements à toutes les personnes qui me suivent et me soutiennent, et qui m’ont donné leur confiance pour ambiancer le monde de la nuit !

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Dy Oxis

Difficile de trouver sur Internet des photos de Dy Oxis en train de jouer : c’est normal, ce DJ préfère mettre sa passion pour la techno en avant plutôt que sa propre image. Avant son passage au BarBar Pub le 27 décembre, rencontre avec un artiste sulfureux et singulier, pour qui la musique passe avant tout le reste.

Comment est née ta passion pour la musique électronique ?

Houla, cette question ne me rajeunit pas, haha ! C’est lors de mon adolescence, pendant laquelle j’ai été bercé à la new wave, que j’ai commencé à me prendre de passion pour les sonorités synthétiques. Lors de cette période, et dans un autre genre, j’ai découvert le groupe Kraftwerk qui m’a littéralement scotché ! Tous ces sons électroniques, à l’époque, c’était vraiment du jamais entendu.

A la fin de ma période new wave, j’ai découvert la house music, puis l’acid house. C’est à cette même époque que j’ai découvert la techno, et que j’ai été happé par ses percussions, ses rythmiques et ses sons électroniques.
J’habitais le Nord de la France, la Belgique et ses clubs se trouvaient à proximité. Il y avait un énorme engouement pour cette musique, pour l’énergie qu’elle dégageait, pour l’envie de bouger qu’elle donnait.
C’était très inventif, notamment dans l’utilisation des boîtes à rythme. Avec très peu de matière, certains artistes composaient des morceaux à tomber. Beaucoup sont devenus des références.

Les influences étaient différentes, que la techno vienne de Belgique, d’Allemagne, d’Angleterre ou des Etats-Unis, et chaque pays avait son propre style immédiatement reconnaissable. Il y avait une créativité énorme.

Ce mouvement techno a vu naître une communauté, et a lancé une autre manière de faire la fête, en s’affranchissant du modèle club, avec l’émergence des raves, ses jeux de piste ou infolines, ses lieux de fête improbables, j’ai eu la chance de vivre ça !

Ma passion pour la musique électronique vient de là, de ce phénomène techno dont j’ai pu suivre l’évolution au fur et à mesure des années, et qui à mes yeux reste un genre qui réussit à se renouveler.
C’est également à cette période que quelques amis se sont mis à mixer et à composer ; c’était le balbutiement de la musique assistée par ordinateur.
J’ai moi même investi dans des platines et me suis mis au mix, d’abord et avant tout pour me faire plaisir, puis pour jouer pour les copains. J’ai eu par la suite l’opportunité de rencontrer des personnes qui m’ont accordé leur confiance et qui ont apprécié mon travail, que ce soit dans le milieu de la nuit ou associatif, et qui m’ont permis de m’exprimer devant une audience plus large.

Ta définition de la techno ?

Je dirais que c’est un genre musical qui s’affranchit des barrières de générations, et qui rassemble les gens, peu importe leur classe sociale ou condition, autour d’une envie commune de partager un moment de plaisir, de « taper du pied » ensemble.
La techno, c’est souvent un voyage, des univers très éclectiques suivant les artistes et les courants. Elle peut être très festive comme introspective, voire mélancolique. Elle se nourrit de tellement d’influences que tu peux toujours trouver un genre qui te convient.
Malgré plus de trente ans d’existence, elle reste résolument avant-gardiste, et plaît aussi bien aux jeunes générations qu’aux plus anciennes.
Pour moi, c’est avant tout le partage qui définit cette musique, un voyage que l’on fait ensemble.

Quels sont tes tracks du moment ?

André Crom – Ready 2 Jack (Wex 10 Remix)

Hidden Empire – Siam

Axel Karakasis – Sparks

Stomp Boxx – Neon

Ike Dusk – Evolve

Et mon LP de chevet, « Asteroid » d’Emmanuel Top, pour moi l’un des meilleurs albums jamais produits.

Tu animes un podcast chez Mixaradio tous les vendredis à 19 h, comment se déroule ton show ? Tu t’entends bien avec le reste de l’équipe ?

Effectivement, il y a plus de deux ans maintenant, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le staff de Mixaradio grâce à un ami d’enfance. La radio étant basée dans le Nord de la France, je prépare mon mix à l’avance, et il est intégré à la programmation du vendredi. En amont, je sélectionne les titres que j’ai envie de faire connaître. Ce qui me prends pas mal de temps, car j’essaie de faire en sorte, autant que possible, de ne pas mixer deux fois le même morceau. Xavier Lenfant, le directeur de la radio, me fait entièrement confiance ; je suis libre de jouer ce que je veux, rien ne m’est imposé, ce qui est vraiment appréciable.

C’est une équipe de passionnés dans laquelle tout les styles sont représentés, que tu aimes la trance, la tech house, la techno ou tout autre style.

D’ailleurs, cette radio est composée de trois stations distinctes : une généraliste, une autre orientée house, nu disco, la dernière, Electro Paradise, étant celle sur laquelle je passe tous les vendredis.

Tu faisais partie du collectif Bass Addict, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

Je faisais déjà partie d’une association, dont tu connais bien l’ancien président (Anthony Beauchet, directeur artistique chez High Potential, ndlr), mais qui a été contrainte de mettre la clef sous la porte. Avant la fin de l’aventure, Seb, DJ orienté drum n’ bass, nous a rejoint. On a immédiatement sympathisé ; c’est grâce à lui que j’ai découvert ce courant et ses dérivés, et à l’inverse je pense lui avoir fait découvrir mon univers.

Lorsque l’asso a définitivement arrêté son activité, Seb a eu envie de monter la sienne, avec quelques potes. Il m’a demandé si je voulais en faire partie et c’est bien volontiers que j’ai accepté. Bass Addict était plutôt orientée drum, mais Seb tenait à ce que j’y apporte une touche techno.

Ce fût une expérience vraiment intéressante sur plusieurs points. Le but était de proposer régulièrement des soirées, que ce soit en intérieur ou en pleine nature. Monter un projet de A à Z, trouver le lieu, le matériel, les artistes, avoir toutes les autorisations nécessaires, c’est un gros travail en amont.

Travailler avec des gens venant d’un univers différent du mien n’était pas forcément gagné, nous n’avions pas tout le temps la même vision du projet ou des difficultés à surmonter. Finalement cela s’est très bien passé, et le collectif a pu monter d’excellentes soirées, notamment dans quelques endroits insolites.

Mais des problèmes d’égo ont fini par faire surface ; sans rentrer dans les détails, Seb a fini par quitter l’association, qui s’est orientée exclusivement drum, jungle, etc… Sentant que je n’avais plus ma place, j’ai mis fin à notre collaboration. Je garde quand même un excellent souvenir de cette période, et Seb reste un ami.

Quel est ton meilleur souvenir sur scène ? Le pire ?

Difficile de choisir le meilleur souvenir car il y en a eu beaucoup, mais le plus marquant est sans aucun doute une soirée parisienne pour l’anniversaire du label d’un de mes potes. C’était il y a quelques années et cela se passait sur la péniche Concorde Atlantique.
J’ai eu la chance de passer la nuit sur la scène où jouaient Josh Wink et Hardfloor à l’occasion de cet anniversaire. C’était incroyable de se retrouver à côté de ces mecs dont je kiffais les productions. Des gens simples, malgré leur notoriété, avec qui j’ai pu échanger et boire quelques verres ! Cela reste pour moi un moment privilégié, unique.

Je ne me souviens pas avoir eu de soirées vraiment galères, même si parfois certaines ne sont pas parmi mes meilleurs souvenirs, du genre être déprogrammé à peine deux heures avant ton set, quand on te demande de pas jouer trop « lourd », ou quand on renégocie ton cachet en plein mix…
J’ai même eu droit une fois à : « ne touche pas au Jog de la CDJ, il fait sauter les morceaux ! » (Sur les platines numériques, le Jog est la « reproduction » d’une platine vinyle, et sert à avancer et reculer dans le temps pour caler et synchroniser ses tracks, ndlr)
Mais dans l’ensemble, ça se passe toujours plutôt bien. Peut-être que la pire reste à venir !…

« Les vrais DJ mixent uniquement sur vinyle » : vrai ou faux ?

Je trouve que c’est un faux débat. Les vrais DJ mixent, un point c’est tout. Que ce soit sur vinyle, CD, ordinateurs ou contrôleurs. La technologie a permis d’apporter beaucoup de créativité dans le DJing, de permettre à la plupart de se lancer dans le mix. Même si il y a ses effets pervers : n’importe qui peut avoir un PC, un logiciel de mixage, et se dire DJ. La question pour moi serait plutôt « qu’est-ce qu’un vrai DJ » ? Je suis, pour ma part, loin des mecs qui balancent deux morceaux au hasard en levant les bras en l’air !

Je crois que le plus important, c’est la construction de ton mix, l’univers que tu veux faire découvrir au public, l’envie que tu as de leur faire partager ta passion.
J’ai une approche plutôt épurée lors de mes sets ; j’aime que le morceau ait le temps de s’installer, que tu puisses t’en imprégner, l’apprécier. Inutile pour les artistes de faire des morceaux de 7 ou 8 minutes si au bout de 3 tu passes à autre chose.
Je mixe simplement, les tracks se suffisent à elles-même, pas besoin de les gaver d’effets qui dénaturent leur esprit originel. Je suis plutôt old school à ce niveau là.

A l’heure actuelle, beaucoup de DJ émergents ont du mal à jouer et se faire respecter en tant qu’artiste, car ils ne sont pas pris au sérieux par les organisateurs. Qu’en penses-tu ?

Je suis plutôt d’accord, mais c’est devenu un tel business que les organisateurs ont tendance à ne plus prendre de risques et à offrir ce qui marche.
Et ça renvoie aussi à ce que je disais plus haut, le fait que tout le monde maintenant peut se dire DJ grâce aux outils actuels. Difficile dans ce contexte de sortir du lot.
Tu as même parfois l’impression qu’il va falloir que tu mettes la main à la poche pour pouvoir jouer… Et ce système profite à quelques organisateurs peu scrupuleux. Heureusement, tous ne sont pas dans ce cas !

Si j’avais un conseil à donner aux jeunes artistes, ce serait de continuer à faire ce qui les passionne, même si ils ont du mal à jouer ou à être respecté. Les réseaux sociaux permettent maintenant de se faire connaître assez facilement, chose qui était impossible il n’y a pas si longtemps. Tu peux diffuser tes mixes, faire écouter tes morceaux, toucher une audience assez importante. Le bouche à oreille fonctionne toujours, cela suffit parfois à se faire des contacts. Cela demande de la patience, mais il ne faut pas se décourager. Si tu es bon, ou que tu as un certain talent, cela finit toujours par payer.

Tu vas mixer au BarBar Pub le 27 décembre. Pourquoi doit-on absolument venir te voir ?

Si tu veux voir à quoi je ressemble, déjà tu n’as pas le choix (rires) ! Je me fais discret et je préfère mettre en avant la musique plutôt que ma tête, notamment sur les réseaux sociaux. J’ai très peu l’occasion de jouer en live, car mon activité professionnelle me prend beaucoup de temps : tu vois, moi aussi on peut me considérer aussi comme DJ émergent, haha !

Mais si tu aimes bouger, si tu as envie de découvrir ma passion, mon univers et de supporter les DJ locaux, je t’invite à venir passer un bon moment. D’ailleurs, je ne serais pas seul mais accompagné par l’excellent DJ Dake.

Les endroits dans lesquels tu peux écouter de la techno se faisant rares, ce serait dommage de ne pas profiter de cette soirée au BarBar Pub qui nous a gentiment ouvert ses portes.

Quels sont tes prochains projets ?

J’aimerais me mettre à la production, si j’arrive à trouver le temps nécessaire. A ce propos, étant plutôt novice, les conseils de tes lecteurs ou de mes contacts seraient les bienvenus !
J’aimerais aussi pouvoir jouer plus souvent, mais là, c’est plus une question d’organisation et de booking.

Le mot de la fin ?
J’espère ne pas avoir été trop long, haha !

Retrouvez Dy Oxis sur :

Dezertico

Rencontre avec celui qui nous emporte quand il pose et transcende son public pour mieux l’emmener dans son univers chaloupé et groovy ! On va taper la discute avec Nordine aka Dezertico :

Peux-tu commencer par te présenter et nous expliquer ce qui t’as amené à la musique ?

Je m’appelle Nordine, et mon nom de scène est Dezertico. Pour ce qui m’a amené à la musique, c’est déjà ma famille et ensuite l’ambiance et la sensation de liberté que ça provoque.

Peux-tu citer 5 tracks (ou albums) qui t’ont particulièrement marqué ?

Alors cinq albums qui ont marqués ma vie :

  • Bob Marley & The Wailers – Catch A Fire (Island Record)

  • Michael Jackson – Bad (Epic / CBS)

  • Sting – Englishman In New-York (A&M Record)

  • Ben Harper – Fight For Your Mind (Virgin)

  • Dennis Brown – Words Of Wisdom (Joe Gibbs Record Globe)

Tu as sorti ton 1er album, comment s’est passer l’écriture, la composition et l’inspiration ?

Si j’écris, c’est pour me libérer d’une pulsion intérieure et rendre ma vie positive.
La compo et l’inspi, ça va ensemble… Chez moi c’est un besoin de calme, de remise en question, un retour aux sources, une pause et une réflexion intérieure.

Qu’est-ce qui te motive dans le reggae, d’où te vient cette envie d’en faire ?

Le reggae peut rendre libre le peuple ! De par mon histoire, mes origines africaines, c’était naturel de se tourner vers le reggae dans un contexte de crise et de guerre. C’est l’éveil des consciences et je veux la partager à ma manière.

 

Quels artistes ou labels ont influencé ta conception de ta musique ?

Il n’y a pas eu d’artiste ou de label en particulier, c’est la musique Jamaïquaine dans son ensemble, le jazz de Miles Davis et le mouvement hip-hop de la West Coast.

Comment développes-tu tes prestations live ?

Le développement, c’est une chose que je laisse au gens qui m’appelle, mon truc c’est de planter le décor et espérer faire une bonne récolte à chaque saison qui passe. Et j’essaie de toujours de faire mieux scène après scène.

Qu’est-ce que tu préfères, la compo ou la scène ?

La scène, une fois dessus, tu n’as plus le problème de la feuille blanche, tu vis ton art pleinement ! Mais sans le travail de la compo, on a aucune récompense. En gros, la compo, c’est la mise au point d’une carte de chef étoilé et la scène c’est le dessert goûtu ! (rires)

Des projets ? Des événements à venir ?

Monter une tournée live !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Merci de prêter attention aux artistes !

Les liens qui vont bien :

 

DicHOTomie

Directeur artistique de High Potential le jour, DJ la nuit, Anthony Beauchet aka DicHOTomie nous offre une sélection de tracks plutôt old school avant son passage au BarBar Pub le 20 décembre prochain. De la house, de la techno, en passant par le breakbeat et le métal : une playlist très… ‘HOT’ !

La track qui t’as fait aimer la musique électronique ?

The Prodigy – No Good : je sortais en club à l’époque, et cette nouvelle sonorité hardcore breakbeat m’a tout de suite interpellé. En voyant le clip, je me suis dit « je veux en être » ! J’ai jamais lâché le groupe depuis, je suis un véritable fan addict !

Tes tracks house et techno préférées ?

En house , ce serait Phuture – Acid Tracks : le son acid house, c’est DJ Pierre ! J’adore cette époque de Chicago faite d’innocence, d’insouciance et où la recherche sonore est à un niveau rarement égalé depuis. Cette track vrille le cerveau par sa puissance et sa simplicité !

En techno, je dirais DJ Rolando – Jaguar : le son de Détroit teintée de mélancolie, de groove et d’énergie, tout ce que j’aime. J’ai tout de suite adhéré à l’esprit UR où la musique l’emporte sur le marketing. Quand je vivais à Paris, j’ai monté le collectif Underground Projekt dans cet esprit. Mais ce track de Jaguar est indémodable !

La track ou l’artiste qui t’as le plus influencé ?

Dima – Chamelonized : c’est l’ancien nom de Vitalic, un artiste qui a ce talent de comprendre comment un dancefloor doit sauter et bouger dans tous les sens. C’est mon pote DJ Symbiose à l’époque qui me l’a fait écouter. Je suis allé le voir dans une rave au Palais des Papes d’Avignon, et il m’ littéralement scotché. Je suis fan de beaucoup de ses tracks : Poney EP, La Mort sur le Dancefloor… Un grand bonhomme !

La track qui marche à tous les coups en soirée ?

Monika Kruse – Latin Lover (Voodooamt Remix) : Patrick Lindsey, aka Voodooamt, a façonné la plupart des tracks de Monika Kruse. Mais ce remix latino techno est un track imparable pour le dancefloor, qui plait énormément aux filles ! Ca te file le smile direct et impossible de rester en auditeur contemplatif sur ce track !

La track qui ne quitte jamais ta playlist ?

Jeff Mills – The Bells : encore un artiste de Detroit qui est un artiste à part entière, transcendant les arts et les genres musicaux. The Bells est pour moi un véritable hymne qui cristallise l’histoire de la musique électronique avec un kick puissant, une mélodie hypnotique et une construction minimaliste !

La track qui t’as foutue une claque la première fois que tu l’as entendue ?

Nostrum – Baby : Je ne fréquentais pas encore les raves, mais j’achetais des compilations. Si mes souvenirs sont bon, ce track faisait partie de la compil’ Rave Mission vol. 7. Scotché par la construction tout en progression, les envolées synthétiques, la puissance de la hard trance de l’époque, et ce double sens du mot « ecstasy » prononcé de manière susurré dans le track.

La track qui t’as déçue ?

Daft Punk – One More Time : la claque de l’album Homework avec des hits comme Rollin’ & Scratchin’ ou Da Funk, et le revers de la popularité avec cet album au goût de la guimauve commerciale. Si cet album a popularisé définitivement Daft Punk, il a refoulé bon nombre de ravers qui ne s’y sont pas retrouvés. Le mauvais versant de la French Touch, et sans conteste la mauvaise influence de Manuel de Homem-Christo (moitié du duo dont le père était producteur pour des groupes de disco, ndlr) dans cet album.

Ta track de la honte ?

Capella – U & Me : j’allais en club et j’écoutais les tubes radio diffusé par le DJ résident. La dance a marqué beaucoup de clubbers de l’époque, et a fait office de pont pour aller vers des choses plus alternatives et underground. Mais ce synthé et ce MC omniprésent, tellement kitsch aujourd’hui que le hip-hop US s’en est emparé car ils étaient totalement passé à coté de cette machine à fric qu’étaient les dance machines !

Ton DJ set ou ta compo fétiche ?

Derrick May – Mix Up Vol. 5 : encore un pionnier de la techno de Detroit, mais ce mix est le reflet que le DJing n’est pas qu’une simple activité de passage de disque, mais bien un art à part entière. J’aurais pu citer le magicien Jeff Mills, qui mixe souvent à 3 platines mais ce mix, en particulier, montre tous les possibles en la matière ! Une playlist léchée et une technique imparable : ça manque tellement à l’ère du numérique !

Ta track préférée tout style confondu ?

Rage Against The Machine – Killing in the Name : une façon pour moi de dire que le DJ ne doit pas s’enfermer dans les genres. J’écoutais les RATM durant mon adolescence, et ce track en particulier me foutait la rage. On a failli se tuer en voiture avec mon ami d’enfance, on écoutait ce track tellement fort en dodelinant de la tête façon métaleux qu’on en avait oublié la route !

Retrouvez DicHOTomie sur :

Le BarBar Pub (73)

High Potential met en avant des lieux de vies nocturnes sélectionnés par nos soins pour la qualité de leur musique, la bonne ambiance et l’énergie de ses fêtes ! Cette semaine on rencontre Clément, le nouveau manager du BarBar Pub (station des Saisies – 73) qui va nous expliquer son parcours, celui du bar et pourquoi il va falloir être là-bas cet hiver. Action !

Peux-tu commencer par te présenter, ainsi que ton parcours et comment en es-tu arrivé là ?

J’ai commencé à faire les saisons il y a 10 ans et je suis tombé sur les Saisies, où je suis resté durant 3 ans ! J’y ai fait des rencontres importantes et aussi très fortes amicalement. J’ai ensuite arrêté les saisons et j’ai trouvé un poste de chef barman dans une rhumerie. 2 ans après, je me lance et j’ouvre mon bar a Orléans, un petit bar à cocktails. Puis je décide d’arrêter et de refaire les saisons dans ma petite station préféré !

On ne va pas le cacher aux lecteurs, on se connaît bien et je sais que tu aimes particulièrement la musique ! Quel est ton parcours dans ce milieu, comment t’est venue cette passion et comment la partages-tu aux autres ?

Ha, la musique… Je suis musicien depuis tout petit, mes parents m’ont presque forcé à faire de la musique et je passais des après-midis entiers devant des concerts de jazz ou de classique.
Je suis d’ailleurs multi-instrumentiste. Je partage ensuite mes passions et mes goûts par tous les moyens et sur tous les supports possible, puisque le partage est primordial pour moi.

Quels sont les 5 morceaux qui t’ont fait aimer la musique et pourquoi ?

Alors je suis parti du jazz, puis au rock avec Rage Against The Machine ou encore System Of A Down qui m’ont donné l’élan dont j’avais besoin dans ma création artistique. Et depuis une dizaine d’années maintenant, je perfectionne la musique électronique. Un monde riche et fascinant ! Joachim Pastor, Boris Brejcha et Dubfire reste mes mentors absolus !

Parle nous un peu de la programmation de cet hiver, quels sont les styles que l’on va entendre, comment va-t-elle s’organiser ?

La programmation de cette hiver est vraiment très alléchante !
Il y aura de tout, il faut plaire à tout le monde. Mais la programmation musicale sera néanmoins aux portes de l’éclectisme !

Quels sont pour toi les 3 soirées à ne pas rater cette saison et pourquoi ?

Honnêtement … je préfère ne pas choisir ! (rires)

Comment définirais-tu le BarBar, qu’est-ce qui fait qu’on se sente bien dans ce bar et qu’on ait envie de revenir ?

Et bien je pense que l’on se différencie déjà des autres structures , notamment pour l’ambiance proposée et la carte qui est complète. L’endroit est chouette, un sacré cachet ! La musique est bonne et l’équipe est accueillante et chaleureuse.
Et enfin, le bar est très bien sonorisé, il y a une grande qualité d’ écoute.

Tu as déjà une grande expérience de la vie nocturne en tant que gérant de bar, quels est la pire choses qu’on t’ai demandé ?

De passé le dernier album de Keen V ou Maître Gims, haha ! Non, je plaisante (rires).

Et la meilleure ?

Une demande en mariage qui n’a pas abouti ! (rires)

Quels sont les choses que tu souhaites mettre en place cette saison, les nouveautés ?

Le BarBar fourni une carte plus conséquente que l’année dernière ! J’y ai ajouté les rhums arrangés  et la Tap MACHINE pour les amateurs de Jagermeister glacé.
Et surtout deux barmaid au top !

Merci à toi pour toutes ces réponses, le mot de la fin ?

Et bien j’ai hâte que la saison commence, je viens de finir les dernières préparatifs. Y a plus qu’a !

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Et retrouvez la musique de Kleimein (l’alias électro de Clément) sur le net :
Soundcloud

Itw SRGT @ Interaktion

SRGT a été interviewé par le webzine Interaktion Elektro Projekt en 2016 : l’occasion de mieux comprendre le parcours de notre artiste.

Ton héritage musical durant ton enfance est très éclectique : jazz, soul, blues, reggae, rock, hip-hop : peux-tu nous citer 5 tracks qui t’ont spécialement marqué et pourquoi ?

1976 – Dee Dee Bridgewater « He’s gone » (album « Dee Dee Brigewater » sur Atlantic) : mon premier concert (emmené par mon père) ; même si ce n’était pas ma tasse de thé à l’époque, une grosse claque musicale !

1981 – Paolo Conte « Via con me » (album « Paris Milonga » sur RCA Italiana) : la musique des dimanches matins heureux…

1974 – Louis Armstrong « La vie en rose » (album « La vie en rose, c’est si bon » sur Musicdisc) : je dirai même l’intégrale de Louis Armstrong écouté en boucle. Maintenant, avec le recul, faut se méfier : le type il a marché sur la lune, gagné 7 fois le Tour de France et il joue de la trompette… Faut arrêter de nous prendre pour des cons (rires).

1995 – No Doubt « Just a girl » (album « Tragic Kingdom » sur Interscope records) : j’ai découvert qu’il n’y avait pas que le jazz dans la vie et que la zic, ça peut groover aussi !!!

1994 – Ministère A.M.E.R. « Nègres de la pègre » (album 95200 sur MAM Production) : c’est ce morceau qui m’a fait découvrir le Hip-Hop, style musical qui reste encore aujourd’hui mon 2ème amour !!!

2006, c’est la claque Jenifer Cardini aux Nuits Sonores : tu boudais le milieu électronique avant ça ? Quel souvenir gardes-tu de cette rencontre ?

C’est pas que je boudais le milieu éléctro, mais je comprenais pas comment ça marchait… J’étais fan de Röyksopp (comme le track « Eple » sorti en 2001 sur Wall Of Sound), mais je ne considérais pas ça comme de l’électro. J’allais en free pour l’ambiance mais les BPM à plus de 150, c’était pas mon kiff ultime ; à la radio, on était déjà dans la dance merdique vendue par paquet de 6… Du coup, je m’identifiais pas trop au mouvement. Les nuits sonores, à la base, j’y suis allé car j’habitais Lyon, ça rassemblait plein de monde, le signe d’une bonne soirée… J’ai compris alors qu’il y avait un milieu totalement inconnu pour moi, avec des sonorités qui me parlaient, un public souriant et fêtard et des grosses caisses surpuissantes !!! Et c’est ce soir là que Jennifer Cardini a fait le closing : je me tenais les mains sur les genoux tellement j’avais mal aux jambes d’avoir dansé toute la nuit ; et ma gueule hurlait « ENCORE !!! ».

Comment as-tu appris à mixer ? Quels étaient tes influences de départ ?

J’ai appris grâce à Lud’O avec qui on passait des après-midi entiers à mixer sur vinyles encodés ; très vite, il m’a vendu un bout de contrôleur USB, tout en plastique avec 4 boutons et 2 faders que je reliais à mon PC de bureau… Toute une histoire ! Il n’y avait pas de carte son, pas de pré-écoute : du coup on avait bidouillé un système avec un bout de carte son externe en 2 voies… Bref, la grande époque. Au niveau des influences, j’aimais Popof, Surkin, Brodinski, Ellen Allien… De retour en Savoie, je me suis aussi rapproché du collectif Lunatik Armada dont les influences sont plus Breakbeat avec des artistes comme Hedflux, Far To Loud… Je pense que c’est de là que vient ma variété de styles !

Où as-tu mixé pour la première fois en public ? Qu’est-ce qui a évolué dans tes prestations DJ depuis ? As-tu une résidence aujourd’hui ?

La première fois en musique, c’est comme dans le sexe : on s’en souvient toujours mais c’est pas la meilleure (rires). J’ai eu la chance de jouer pour une soirée de fin de saison, dans une salle des fêtes, avec du Funktion One (cf. Mayadworks) en système son. J’étais stressé complet, j’étais venu avec mon PC de bureau : il avait fallu que je retourne chez moi vu que j’avais oublié des câbles et quand j’ai terminé mon set, le gars d’après était parti je sais pas où, alors j’ai coupé le son (j’avais pas prévu de rab)!!! La loose totale, une bonne expérience à ne surtout pas reproduire (rires). Maintenant ce qui a changé ? Tout : l’oreille, la technique, les morceaux, le travail des sets, l’écoute du public et surtout, et je pense que c’est le plus important, le plaisir !!! Plus je joue devant du monde, plus je m’éclate : je suis certain que ça se ressent et que ça, c’est une grosse partie du taf à faire !!! Je viens de prendre une résidence pour la webradio Millenium et j’ai un nouveau set en podcast tous les 1ers jeudi du mois de 20h à 21h (le site est en maintenance en ce moment). Après, pour toute proposition, il ne faut pas hésiter à me contacter.

Tu fais partie de deux associations : Lunatik Armada et Reciiiprok : peux-tu nous en dire un peu plus sur les activités que tu y développes ? En quoi ton implication associative est un tremplin dans ta carrière de DJ ?

Pour Lunatik Armada, c’est avant tout un collectif de potes où on est tous relié par la même passion pour l’électro. On organise un gros évènement sur la station des Saisies en Savoie : le Tribute To The Air. Pour la 10ème édition (qui se déroulera le 28 & 29 janvier 2017), on prévoit de faire pas mal de choses : il y a donc beaucoup de taf et je suis en charge d’une partie de la com et d’un aspect plus paperasse lié à mon passé de commercial… Comme dans toute association, le rôle de chacun est de mettre la main à la pâte quand on peut et du mieux qu’on peut… Reciiiprok, c’est une association qui a le rôle d’agence de booking et de création d’évènements : ils m’ont déjà trouvé beaucoup de dates !!! C’est l’agence à suivre sur Chambéry, Grenoble et Annecy car ils se bougent pour se développer et imprégner leur vision de la musique électro !!! C’est certain que dans le milieu, le réseau est roi : plus on multiplie les contacts et les échanges, plus on se fait connaitre et mieux c’est !!! Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’associatif, on le fait avant tout par plaisir !!

Coté DJing : quel matos utilises-tu ? Quels sont tes artistes/labels de prédilection en ce moment ? Comment définirais-tu une prestation DJ de Chicuss aujourd’hui ?

Au niveau matos, je suis 100% en contrôleur et je le revendique !!! J’aime utiliser ce que la technologie nous offre et je trouve que celle-ci me permet de me concentrer sur l’essentiel : la musique !!! Mon set up : une table Allen & Heath Xone 42 en 4 voies, un contrôleur Native Instrument X1 qui gère 2 decks et un Native Instrument Maschine qui gère 2 autres decks et qui me sert pour la composition. Coté artistes fétiches : Paul Kalkbrenner, Umek, Tinush, Sam Paganini… Mais pas vraiment de labels car je vais les chercher là où ils sont. Une chose est sûre : si la track existe sur plusieurs labels, je me fais un point d’honneur de l’acheter sur le petit label, pour aider.

Comment je définirais tes prestations sur scène ?

Je fais ce que j’aime faire, j’essaie d’être en accord avec moi-même. Bien sûr, il faut adapter son DJ set à la soirée mais j’essaie de toujours conserver mon style.

En parcourant ton soundcloud, j’ai remarqué que tes sets DJ sont aussi très éclectiques (Hip-Hop, Tech House, Techno, Deep-House) : y a-t-il des genres de musiques électroniques que tu n’as pas envie de mixer ? Préfères-tu mixer les derniers hits ou raconter une histoire en mélangeant les époques dans tes mix en public ?

Je ne veux pas m’imposer de jouer les derniers hits à la mode : j’aime raconter une histoire, emmener le public dans mon monde. Je me suis rendu compte que quand on se fait plaisir, en sachant s’adapter un minimum et en levant les yeux pour voir ce que le public veut, celui-ci est plus réactif et la mayonnaise prend. Je ne me refuse aucun style, mais c’est vrai que je n’ai jamais fait de set Hard-Tech par exemple car ça me parle moins : mais si un jour ça me prends, alors je le ferais.

Depuis 2012, tu touches à la production : sur quoi composes-tu ? Avec quel matos ? Es-tu aussi éclectique dans tes productions que dans tes DJ sets ? Comment se passe la recherche d’une première signature label ?

Je compose de l’électro au sens large et des instrus hip-hop. On s’est même fait des petits kiffs avec des MC et c’était vraiment cool ! Avec une amie chanteuse, on a aussi commencé à mettre en place un projet mélangeant mes sonorités électro et les siennes beaucoup plus tournées vers le jazz et le blues. Je pense qu’il y a vraiment des choses à faire, tout est une question de temps… Dernièrement, je m’investis à fond dans la production électro. Je suis en train de réaliser un EP pour pouvoir le proposer aux labels et voir ce qu’ils en pensent. Pour le matos, je compose sur Native Instrument Maschine et j’arrange les morceaux sur Ableton live : 2 logiciels qui fonctionnent très bien ensemble. Avec cette manière de faire, j’ai l’impression de tirer parti des avantages de chacun.

Pour finir, imagine qu’un jeune vienne te voir pour te dire qu’il aimerait se mettre à mixer : quels conseils lui donnerais-tu en tant que DJ expérimenté ?

Le meilleur conseil à donner : lâche rien, continue encore, encore et encore et si ça te plait toujours : recommence (rires).

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